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COLLECTION D'ÉCHECS
Dans le début de ma vie active, j'ai collectionné les
échecs : échec de mon mariage, échec de mon entreprise, échec dans mes
relations avec ceux que j'aimais...
Du coup j'ai fait de la thérapie primale, un truc où l'on va rechercher en soi des émotions primitives telles que la
souffrance, la colère ou la peur et où l'on apprend à les exprimer comme un
animal blessé ou comme l'enfant qui naît : en criant.
Et là j'ai découvert en moi un processus incroyable : je me jetais dans l'échec parce que mon père ne me montrait de
l'amour QUE lorsque j'échouais.
Les seuls moments où il me prenait dans ses bras ou me montrait de la compassion étaient ceux où tout allait mal pour moi.
Il était prisonnier de l'image de l'homme fort qui ne montre pas ses émotions.
Je devais échouer pour qu'il me montre son amour.
J'ai donc sorti toute la peine que cela me faisait, je l'ai interpellé (il était représenté par un coussin dans les
séances de groupe). J'ai sorti tout ce que j'avais retenu pendant des
années, même, petit enfant qui sentait que son père ne l'aimait pas -
ou du moins petit enfant qui ne sentait aucune manifestation
d'amour de la part de son père.
Peu de temps après, ma vie a changé. Et quelques années plus tard, mon père aussi.
Je n'ai plus connu ce genre d'échec.
Je suis sorti du cercle vicieux.
Depuis ce temps-là, lorsque l'émotion devient trop forte en moi, tristesse, colère ou peur, je crie mon émotion dans ma
voiture à m'en casser la voix. Cela ne m'est pas arrivé souvent, mais quand c'est sorti sous forme de cri
« primal », j'en suis débarrassé
et je retrouve mon équilibre.
Christian Godefroy, ch@club-positif.com,
(03-10)
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