L'heure de la 
RE - CREATION

 

 

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Photo: Léopold Brunet

 

NE NOUS LAISSE PAS
SOL
Hommage à
Marc Favreau
(1929 - 2005)

 
 

 Photo: Radio-Canada

Revisiter le monde
« Sol est analphabète, il observe le monde avec des yeux différents, il répète ce qu'il entend, de la façon dont il l'entend. Il est candide, aussi naïf qu'un enfant de 2 ans
s'il peut parler de tout, c'est que son « manteau le couvre » ! »

Josée Bilodeau
"PRÊTEZ-MOI UNE OREILLE À TENTATIVE"
http://www.radio-canada.ca/culture, 2005


Photo : Jacques Grenier, Le Devoir

Comme un enfant...
« Sol est un véhicule, c’est une façon d’être pour moi. C’est un personnage. Je pars de ce personnage, je me fonds dans le personnage comme un petit bonhomme ne pensant rien. Sol réagit comme un enfant, ça me force à travailler d’une façon enfantine, à développer des idées dans le sens de l’émerveillement et de l’énormité. Sol s’offusque de petites choses. Sol s’amuse et s’inquiète ; et quand il critique, il ne sait pas qu’il critique. Je le veux inconscient. Moi je travaille derrière, je lui fais dire des choses qui gravitent autour de la réalité quotidienne, tout ce qui nous assaille, nous agace, nous émeut, nous ravit, nos contradictions, nos intolérances. Mais Sol, sans sa dimension poétique, ne serait qu’une caricature. »
 

Marc Favreau

Recueilli par Suzy Turcotte, Le Carrefour des artistes, 1995-1999, www.surscene.qc.ca

 

Scruter le dessous des choses
« Cette présence du minimum auquel nous a habitués Sol oblige le spectateur à aller scruter le « dessous » des choses, l’essentiel. Sol incarne la solitude dans toute son acuité, le dépouillement, le dénuement, la vulnérabilité. Témoin sans savoir qu’il est témoin, le clown verbal s’exprime dans un langage tordu, mais farci d’images, langage où les mots sont déta
chés de leur signification originelle et s’ouvrent pour livrer quelque facette de vérité, ou tout simplement pour amuser. Au même titre que d’autres fous du langage tels les Queneau, Vian, Prévert. Sol fonctionne par ouï-dire, il mélange tout, il ne comprend rien et peut donc se permettre de tout dire. »

Suzy Turcotte, Le Carrefour des artistes, 1995-1999, www.surscene.qc.ca/musique/sol/

Photo : Jacques Grenier, Le Devoir

 

 

Se regarder avec liberté
« En fait, pour le poète Favreau, il ne suffit pas de nommer les choses pour inventer un langage. Au contraire, il faut réinventer les mots pour retrouver l'ordre des choses. Le mot est réfléchi dans un miroir déformant -- surréalisant -- et les métamorphoses du langage conduisent le poète à une véritable critique de la vie contemporaine.

Personnage naïf, le clown Sol a la permission d'être criant de vérité. Il peut aborder tous les sujets, du quotidien au métaphysique en passant par la politique, l'écologie et la culture. Poète unique, inimitable, Marc Favreau nous laisse en héritage son attitude exemplaire. Sa liberté de langage participe d'un regard sur soi et le monde et d'un accomplissement personnel et collectif. »

Jean Royer, "Marc Favreau, un poète disparu", Le Devoir, 21 décembre 2005.

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Le site GRANDIR est édité par l'Association GRANDIR, QUÉBEC
www.grandir.levinux.org

N'hésitez pas à reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2005-12-20

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