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de la RE - CREATION
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IL ÉTAIT UNE
FOIS...
Contes
pour adultes
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Merci à vous, auteurs cités...
Un site comme celui-ci, sans but lucratif, est redevable du meilleur
à tant de personnes,
spécialement à vous dont nous avons reproduit des extraits de
texte.
Nous tenons à vous en garder le crédit, et sommes heureux de faire
connaître vos publications.
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Un mot d'abord...
Certains des
contes qui suivent sont des fables. D'autres racontent des histoires vécues.
Tous ont été choisis parce qu'ils rejoignent le coeur et peuvent allumer des
soifs.
______________________________________________________________
L'ARBRE
À SOUCIS
Un jour, j'ai retenu les
services d'un menuisier pour m'aider à restaurer ma vieille grange. Après
avoir terminé une dure journée au cours de laquelle une crevaison lui avait
fait perdre une heure de travail, sa scie électrique avait rendu l'âme, et
pour finir, au moment de rentrer chez lui, son vieux pick-up refusait de démarrer.
Je le reconduisis chez lui et il demeura froid et silencieux tout
au long du trajet. Arrivé chez lui, il m'invita à rencontrer sa famille.
Comme nous marchions le long de l'allée qui conduisait à la maison, il s'arrêta
brièvement à un petit arbre, touchant le bout des branches de celui-ci
de ses mains.
Lorsqu'il ouvrit la porte pour entrer chez lui, une étonnante
transformation se produisit. Son visage devint rayonnant, il caressa ses deux
enfants et embrassa sa femme.
Lorsqu'il me raccompagna à ma voiture, en
passant près de l'arbre, la curiosité s'empara de moi et
je lui demandai pourquoi il avait touché le bout des branches de cet arbre un
peu plus tôt.
« C'est mon arbre à soucis », me répondit-il. « Je sais
que je ne peux éviter les problèmes, les soucis et les embûches
qui traversent mes journées, mais il y a une chose dont je suis certain :
ceux-ci n'ont aucune place dans la maison avec ma femme et mes enfants. Alors,
je les accroche à mon arbre à soucis tous les soirs lorsque je
rentre à la maison. Et puis, je les reprends le matin. »
« Ce qu'il y a de plus drôle », sourit-il, « c'est que lorsque
je sors de la maison le matin pour les reprendre, il y en a beaucoup moins que
la veille lorsque je les avais accrochés. »
Reçu d'André Couture, Charny,
QUÉBEC (02-10)
Ý
L'ÂNE
ENTERRÉ
Un jour, l'âne d'un fermier est
tombé dans un puits. L'animal gémissait pitoyablement pendant des
heures, et le fermier se demandait quoi faire.
Finalement, il a décidé que l'animal était vieux et que le puits devait
disparaître. De toute façon, ce n'était pas rentable pour lui de récupérer
l'âne.
Il a invité tous ses voisins à
venir et à l'aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à
enterrer le puits.
Au début, l'âne a réalisé ce
qui se produisait et s'est mis à crier terriblement. Puis, à la
stupéfaction de chacun, il s'est tu.
Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond
du puits et a été étonné de ce qu'il a vu. Avec chaque pelletée de terre
qui tombait sur lui, l'âne faisait quelque chose de remarquable. Il se
secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus. Pendant que les
voisins du fermier continuaient à pelleter sur l'animal, il se secouait
et montait dessus de plus belle.
Bientôt, chacun a été stupéfié
: l'âne était hors du puits et s'est mis à trotter !
Reçu
d'André Couture, Charny, QUÉBEC
Ý
DEUX
ANGES
Deux
anges arrêtèrent pour passer la nuit dans la maison d'une famille aisée. La
famille était méchante et refusa que les anges demeurent dans la chambre
d'amis de la maison. À la place, ils laissèrent les anges dormir dans une
petite pièce située dans le sous-sol froid. Pendant qu'ils faisaient leur lit
sur le sol dur, le plus âgé des anges aperçut un trou dans le mur et le
répara. Quand le plus jeune des anges demanda « pourquoi? »
Le plus âgé des anges répliqua :
- Les
choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent.
La nuit suivante, les deux anges arrivèrent pour se reposer dans une maison
où les gens étaient vraiment pauvres, mais où le fermier et sa femme
étaient très hospitaliers. Après avoir partagé le peu de nourriture qu'ils
avaient, le couple laissa les anges dormir dans leur lit pour qu'ils aient une
bonne nuit de sommeil. Lorsque le soleil se leva le lendemain matin, les anges
trouvèrent le fermier et sa femme en larmes. Leur unique vache, de laquelle
le lait était une bénédiction, gisait morte sur le sol.
Le
plus jeune des anges était furieux et demanda au plus âgé des anges comment
il avait pu laisser faire cela?
-
La première famille avait tout et tu l'as aidée en réparant un trou dans
leur mur au sous-sol, accusa l'ange. La deuxième famille avait peu, mais
était disposée à tout partager, et tu as laissé sa vache mourir.
-
Les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent, répliqua le plus
âgé des anges.
Quand
nous sommes restés dans le sous-sol de la maison de la première famille, je me
suis aperçu qu'il y avait de l'or dans le trou du mur. Le propriétaire était
tellement rempli de haine et qu'il ne voulait pas partager sa fortune, j'ai
bouché le trou afin qu'il ne retrouve plus cet or. Et, la nuit dernière,
lorsque nous étions endormis dans la chambre du fermier, l'ange de la mort
venait chercher la femme du fermier. J'ai négocié avec lui et je lui ai donné
l'unique vache du fermier à la place.
Reçu d'Alyne
Turcotte, Québec

Ý
LE LAPIN DE VELOURS
Un
jour, le petit Lapin demandait au Cheval de Peluche, qui traînait dans le
coffre à jouets depuis bien longtemps : «Qu'est-ce
qu'être vrai? Et cela fait-il mal?»
— Quelquefois, répondit
le Cheval de Peluche, qui disait toujours la vérité. Mais
quand on est vrai, cela n'a pas d'importance d'avoir mal.
— Est-ce que cela arrive tout d'un coup, comme
lorsqu'on remonte votre ressort, ou petit à petit? demanda
le Lapin.
— Cela n'arrive jamais tout d'un coup,
dit
le Cheval de Peluche, on le devient. Cela prend
très longtemps. C'est pourquoi cela arrive rarement à ceux qui se cassent
facilement, ou qu'on doit ranger soigneusement. En général, quand on est
devenu vrai, on a perdu presque tous ses poils, on a les yeux qui pendent, on a
des faiblesses dans les articulations et on est bien usé. Mais tout cela n'a
aucune importance, parce qu'une fois qu'on est vrai on ne peut plus être laid,
sauf aux yeux de ceux qui ne comprennent pas.
Tiré du Lapin de velours,
raconté par Gail Sheehy, dans Passages

Ý
UNE HISTOIRE À PROPOS DE GANDHI
Une femme amène un jour au mahatma Gandhi
son enfant, qui avait des problèmes de santé.
— Maître, s'il vous plaît, dites-lui d'arrêter de manger du sucre.
Gandhi la regarde avec
tendresse :
— Chère madame, revenez dans deux semaines...
La dame et son enfant
repartent, marchant sous un soleil de plomb.
Ils reviennent deux semaines plus tard, par le même chemin.
— Maître, s'il vous plaît, dites à mon enfant d'arrêter de manger du
sucre.
Gandhi s'adresse à l'enfant
avec tendresse :
— Tu ferais bien d'arrêter de manger du sucre.
Et il se tait.
— Quoi?! réagit la mère,
furieuse. Vous n'auriez pas pu le lui dire dès notre première rencontre?...
J'ai fait 20 km à pied pour ça? !...
Gandhi regarde la mère avec
tendresse :
— Madame, à ce moment là, je mangeais moi aussi du sucre...
Extrait de L'énergÉthique,
Office des ressources humaines, Québec, avril 1990

Ý
LES YEUX DE
L'ÂME
Deux hommes,
les deux sérieusement malades, occupaient la même chambre d'hôpital. L'un des
deux pouvait s'asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi, afin
d'évacuer les fluides de ses poumons. Son lit était à côté de la seule fenêtre
de la chambre. L'autre homme devait passer des journées couchées sur le dos.
Les hommes parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leur épouse et de
leur famille, de leur maison, de leur emploi, de leur participation au service
militaire et où ils avaient été en vacances. Et chaque après-midi, quand
l'homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s'asseoir, il passait le temps
à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu'il pouvait voir dehors.
L'homme dans l'autre lit commença à vivre pour ces périodes d'une heure, où
son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du
monde extérieur.
De la chambre, la
vue donnait sur un parc avec un beau lac. Les canards et les cygnes jouaient sur
l'eau tandis que les enfants faisaient naviguer leurs bateaux modèles. Les
jeunes amoureux marchaient bras sous bras au milieu des fleurs reproduisant
chaque couleur de l'arc-en-ciel. De grands arbres décoraient le paysage et une
belle vue de la ville pouvait être admirée à distance. Pendant que l'homme près
de la fenêtre décrivait tout ceci avec un détail exquis, l'homme de l'autre côté
de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque.
Lors d'un bel après-midi,
l'homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par là. Bien que
l'autre homme ne pouvait pas entendre l'orchestre, il pouvait la voir avec
l'oeil de son imagination, tellement son compagnon la dépeignait avec des mots
descriptifs.
Les jours et les
semaines passèrent. Un matin, l'infirmière de jour est arrivée pour apporter
l'eau de leur bain. Elle trouva le corps sans vie de l'homme près de la fenêtre.
Il était mort paisiblement dans son sommeil. Elle fut attristée et appela les
préposés pour prendre son corps.
Dès qu'il sentit
que le temps était approprié, l'autre homme demanda s'il pouvait être déplacé
à côté de la fenêtre. L'infirmière était heureuse de le transférer, et
après s'être assurée qu'il était confortable, elle le laissa seul.
Lentement, péniblement, il se haussa sur un coude pour jeter son premier coup
d'oeil dehors. Enfin il aurait la joie d'y voir par lui-même. Il s'étira pour
se tourner lentement vers la fenêtre, près du lit.
Tout ce que ses
yeux purent voir fut un mur. L'homme demanda à l'infirmière pourquoi son
compagnon de chambre décédé avait décrit de si merveilleuses choses.
L'infirmière répondit
que l'homme était aveugle.
Reçu de Serge
Dion

Ý
LA
VALEUR D'UNE PERSONNE
Un conférencier bien connu
commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 20 $. Il demande aux
gens :
— Qui aimerait avoir ce billet ?
Les mains commencent à se lever alors il dit :
— Je vais donner ce billet de 20 $ à quelqu'un de vous, mais avant,
laissez-moi faire quelque chose. Il chiffonne alors le billet avec force et
il demande :
—
Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?
Les mains continuent à se lever.
— Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela ?
Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant
autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher. Ensuite il
demande :
— Qui veut encore avoir ce billet ?
Évidemment, les mains continuent de se lever.
— Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon. Peu importe ce que je fais
avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé,
il vaut toujours 20 $. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés,
souillés par les gens ou les événements. Vous aurez l'impression que vous ne
valez plus rien mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux
des gens qui vous aiment ! La valeur d'une personne ne tient pas à ce qu'elle a
fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car
votre valeur intrinsèque sera toujours intacte.
Auteur inconnu. Reçu d' Hélène
Raymond, Québec, Qc 00-10

Ý
APPRIVOISER
(...)
— Qui es-tu ? dit le
petit prince. Tu es bien joli... —
Je suis un renard, dit le renard. —
Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
— Je ne puis pas jouer avec toi, dit le
renard. Je ne suis pas apprivoisé. —
Ah ! pardon, fit le petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta : — Qu'est-ce que
signifie « apprivoiser » ?
— C'est une
chose trop oubliée, dit le renard.
Ça signifie « créer des liens... »
— Créer des
liens ?
— Bien sûr, dit
le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent
mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi
non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais
si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi
unique au monde. Je serai pour toi unique au monde... (...) Je connaîtrai un
bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font
rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et
puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le
blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est
triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu
m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai
le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
—
S'il te plaît... apprivoise-moi, dit-il. —
Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai
des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître. — On ne connaît
que les choses que l'on apprivoise, dit
le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent
des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de
marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami,
apprivoise-moi !—
Que faut-il faire ? dit le petit prince.
—
Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin
de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne
diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais chaque jour, tu pourras
t'asseoir un peu plus près... Le lendemain revint le
petit prince.
—
Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard.
Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je
commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux.
A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du
bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure
m'habiller le coeur... Il faut des rites. (...)
— Adieu, dit le
renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le
coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux. — L'essentiel
est invisible pour les yeux, répéta
le petit prince, afin de se souvenir.
—
C'est le
temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
— C'est le
temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se
souvenir.
— Les hommes
ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu
deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable
de ta rose... dit le renard.
— Je suis
responsable de ma rose... répéta le
petit prince, afin de se souvenir.
Antoine de Saint-Exupéry,
Le
Petit Prince,
chapitre 21.

Ý
LES
GROS CAILLOUX
Un jour, un vieux professeur fut engagé pour donner une formation sur la
planification efficace de son temps à un groupe de dirigeants de grandes
entreprises nord-américaines. Le professeur n'avait qu'une heure pour passer sa
matière. Debout devant ce groupe d'élite, il les regarda un à un, lentement,
puis leur dit : « Nous allons réaliser une expérience ».
De dessous la
table, il sortit un immense pot qui avait une contenance de plus de 4 litres,
qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit une douzaine de
cailloux gros comme des balles de tennis, et les plaça délicatement dans le
grand pot, un à un. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fût
impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses
élèves et leur demanda : «Est-ce que ce pot est plein?» Tous répondirent
: « oui ! ». Il attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment
?... »
Alors il se pencha
de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec
minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le
pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux… jusqu'au fond
du pot. Le professeur leva à nouveau les yeux vers son auditoire : «Est-ce
que ce pot est plein ? » Ses élèves commençaient à comprendre son manège.
L'un d'eux répondit : « Probablement pas ».
—
Bien!
Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sceau de
sable. Avec attention, il le versa dans le pot. Le sable alla remplir les
espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda :
« Est-ce que ce pot est plein ? » Cette fois, en choeur,
les élèves répondirent : « non ! »
—
Bien!
répondit le vieux professeur. Et comme s'y attendaient ses élèves, il prit le
pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Il
leva alors les yeux vers son groupe et demanda : « Quelle grande vérité
nous démontre cette expérience ?... »
Le plus audacieux
des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit : « Cela démontre
que même lorsqu'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le
veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ».
—
Non,
répondit le professeur, ce n'est pas cela. La grande vérité de cette expérience
est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on
ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite. Il y eut un profond silence,
chacun prenant conscience de l'évidence.
Le vieux
professeur leur dit alors : « Quels sont les gros cailloux dans votre vie :
votre santé ? vos amis ? réaliser vos rêves ? faire ce que vous aimez ?
apprendre ? défendre une cause ? relaxer ? prendre le temps ... Ce qu'il faut
retenir, c'est l'importance de mettre ses gros cailloux en premier dans sa vie,
sinon on risque de ne pas réussir... sa vie ».
D'un geste amical
de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la
salle.
Anonyme

Ý
INONDATION
Un barrage avait sauté
dans le haut d'une rivière des Appalaches. Prévision d'inondation majeure. La
Sécurité civile entreprend d'évacuer les riverains. Un camion s'arrête chez
Monsieur Grégoire :
—
Montez, Monsieur, vous êtes en danger!
— Non merci, je prie Dieu, il va s'occuper de moi…
Le niveau des eaux
monte, le premier étage des maisons est noyé. Monsieur Grégoire se réfugie
sur sa terrasse. Un canot accoste :
— Montez, Monsieur Grégoire, le niveau monte!
— Non merci, je prie Dieu, il va s'occuper de moi…
Le niveau des eaux
monte toujours. Monsieur Grégoire se réfugie sur son toit. Un hélicoptère
passe :
—
Montez, Monsieur Grégoire, c'est votre dernière chance!
— Non merci, je prie Dieu, il va s'occuper de moi…
Notre ami se noie.
Arrivé devant Dieu, il est tout en reproches :
—
Non, mais qu'est-ce que c'est que ça? J'avais mis toute ma confiance
en Vous ! !…
Dieu le regarde
affectueusement :
— Mon bon Monsieur Grégoire… Mais Je vous ai envoyé un camion, une
chaloupe, puis un hélicoptère!…
Entendu de Jacques Lavigne,
Ste-Foy, Québec

Ý
MAIS, TOUTES CES
BOÎTES...?
Un jour, un homme
qui avait vécu une vie tourmentée mourut
et fit le chemin pour aller rencontrer Dieu.
Il enfila un long corridor.
Sur un côté, s'amoncelaient un nombre impressionnant de boîtes.
Il y en avait de tous les formats, de tous les styles,
certaines aux couleurs chatoyantes, d'autres avec des rubans délicats,
des grandes, des toutes petites...
Il se dit : «J
e vais toujours bien demander à Dieu,
lorsque je vais le voir, qu'est-ce que toutes ces boîtes ? !... »
Après avoir signé
le Grand registre, il se décida à questionner Dieu :
— Voulez-vous bien me dire, Dieu, qu'est-ce que c'est que...?
Dieu le regarda avec une infinie bonté :
— Ah!, ces boîtes?...Ce sont tous les cadeaux que je t'ai faits durant ta
vie,
et que tu n'as pas encore déballés...
Anonyme

Ý
IL ÉTAIT UNE FOIS, UNE ÎLE...
Il était une fois, une île ou
tous les différents sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir,
ainsi que tous les autres, l'Amour y compris.
Un jour on annonça aux sentiments
que l'île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et
partirent. Seul l'Amour resta. L'Amour voulait rester jusqu'au dernier moment.
Quand l'île fut sur le point de sombrer, l'Amour décida d'appeler à l'aide.
La Richesse passait à côté de
l'Amour dans un luxueux bateau. L'Amour lui dit :
- Richesse, peux-tu m'emmener ?
- Non, car il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau. Je n'ai
pas de place pour toi.
L'Amour décida alors de demander
à l'Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau :
—
Orgueil, aide moi je t'en prie !
— Je ne puis t'aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais
endommager mon bateau.
La Tristesse étant à côté,
l'Amour lui demanda :
—
Tristesse, laisse moi venir avec toi.
— Oh... Amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être
seule !
Le Bonheur passa aussi à côté
de l'Amour, mais il était si heureux qu'il n'entendit même pas l'Amour
l'appeler !
Soudain, une voix dit :
— Viens Amour, je te prends avec moi.
C'était un vieillard qui avait parlé. L'Amour se sentit si reconnaissant et
plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au vieillard.
Lorsqu'ils arrivèrent sur la
terre ferme, le vieillard s'en alla. L'Amour réalisa combien il lui devait et
demanda au Savoir :
—
Qui m'a aidé ?
— C'était le Temps, répondit le Savoir.
— Le Temps ? s'interrogea l'Amour.
— Mais pourquoi le Temps m'a-t-il aidé ?
Le Savoir sourit plein de sagesse et répondit :
—
C'est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien
l'Amour est important dans la vie.
Reçu de Foumia Bou Assy,
Beyrouth, Liban

Ý
UN ÊTRE ÉTRANGE, UN PEU RATÉ...
À l'origine, allez savoir
pourquoi et comment, Dieu inventa le temps, et, du coup, inventa l'ennui (...)
Pour remplir l'immense vide de la durée qui sans fin s'étire, Il inventa des
objets, des électrons, des galaxies, des neutrons, des trous noirs. Et tout
cela parcourait l'espace, resplendissait, rayonnait, en respectant
scrupuleusement les lois qu'Il avait édictées. Pas l'ombre d'une indiscipline
dans cette troupe docile. Et Il s'ennuyait de plus en plus (...).
Sans désespérer, Il vint tenter
quelques expériences dans un petit coin retiré, au bord de l'une des
innombrables galaxies. Là, Il inventa des objets capables de faire des doubles
d'eux-mêmes, de se reproduire; mais ils avaient beau se multiplier, ils étaient
tous identiques. « Que c'est ennuyeux ! » constata-t-il. Puis Il
donna, à certains de ces reproductibles, le pouvoir de s'y mettre à deux pour
en faire un troisième; chaque fois, le troisième était nouveau (...). Mais,
chaque être nouveau, Lui qui sait tout pouvait le prévoir avant même qu'il
existât. Rien, jamais, d'inattendu.
Enfin un jour, un être apparut
qui lui sembla étrange, et pour tout dire un peu raté. Pour compenser, étant
en humeur de plaisanter, Il lui accorda un pouvoir qu'Il n'avait donné à aucun
autre : le pouvoir de s'attribuer à lui-même des pouvoirs. Par précaution
cependant Il marqua des limites : « Tu ne feras pas ceci, pas cela ».
Et dans cet univers docile, soumis, respectueux, la divine surprise se
produisit; celui qui avait interdiction de manger le fruit désobéit et mangea
le fruit. Alors Dieu ressentit un immense plaisir. Il fut illuminé d'un large
sourire : « Quel merveilleux créateur Je suis; voilà qu'une de mes créatures
est capable de créer ! » Et rassuré, certain que l'ennui n'aurait
plus de prise sur ce petit coin de l'univers, Il le laissa aux soins des hommes
et s'en alla au loin s'occuper d'autre chose.
Seul ou pas dans l'univers ? Peu
importe. Nous sommes en charge de notre destin.
Albert Jacquard, L'héritage
de la liberté

Ý
RABBIN
Un jour de sabbat, le fils d'un rabbin alla
prier dans une synagogue autre que celle de son père.
À son retour, le rabbin lui demanda :
— Eh bien, as-tu appris quelque chose
de nouveau ?
Et le fils de répondre :
— Oui, bien sûr!
Le père, un peu vexé dans sa fierté de rabbin, reprit :
— Alors,
qu'est-ce donc qu'ils enseignent là-bas ?
— Aime ton ennemi ! dit le fils.
Le père s'empressa de répliquer :
— Ils prêchent la même chose que moi.
Comment peux-tu prétendre avoir appris quelque chose de nouveau ?
Le fils répondit :
— Ils m'ont appris à aimer l'ennemi qui habite en moi,
alors que je m'acharne à le combattre.
Jean
Monbourquette

Ý
MASQUES
Il
était une fois un homme qui portait sept masques différents, un pour chaque
jour de la semaine. Quand il se levait le matin, il se couvrait immédiatement
le visage avec un de ses masques. Ensuite, il s'habillait et sortait pour aller
travailler. Il vivait ainsi sans jamais laisser voir son vrai visage.
Or, une nuit,
pendant son sommeil, un voleur lui déroba ses sept masques. À son réveil, dès
qu'il se rendit compte du vol, il se mit à crier à tue-tête : « Au voleur!
Au voleur ! » Puis il se mit à parcourir toutes les rues de la ville à la
recherche de ses masques.
Les gens le
voyaient gesticuler, jurer et menacer la terre entière des plus grands malheurs
s'il n'arrivait pas à retrouver ses masques. Il passa la journée entière à
chercher le voleur, mais en vain.
Désespéré et
inconsolable, il s'effondra, pleurant comme un enfant. Les gens essayaient de le
réconforter, mais rien ne pouvait le consoler.
Une femme qui
passait par là s'arrêta et lui demanda :
— Qu'avez-vous, l'ami? Pourquoi pleurez-vous ainsi?
Il leva la tête et répondit d'une voix étouffée :
— On m'a volé mes masques et, le visage ainsi découvert, je me sens
trop vulnérable.
— Consolez-vous, lui dit-elle, regardez-moi, j'ai toujours montré mon
visage depuis que je suis née.
Il la regarda
longuement et il vit qu'elle était très belle.
La femme se
pencha, lui sourit et essuya ses larmes.
Pour la première
fois de sa vie, l'homme ressentit, sur son visage, la douceur d'une caresse.
Tadjo

Ý
PAPA, JE SUIS DE RETOUR
Un soldat fut dépêché du front
chez lui, parce que son père était mourant. On fit exception pour lui, car il
constituait toute la famille que son père avait.
Quand il pénétra dans l'aile des
soins intensifs, il constata soudain que le vieil homme bardé de tubes n'était
pas son père. Quelqu'un avait commis une erreur monstrueuse et dépêché le
mauvais soldat.
— Combien de temps lui
reste-t-il à vivre ? demanda-t-il au médecin.
— Quelques heures, tout au plus. Vous êtes arrivé juste à temps.
Le soldat pensa au fils de ce
mourant en train de se battre à des milliers de milles de là. Il pensa au
vieil homme qui s'accrochait à la vie dans l'espoir d'être avec son fils une
dernière fois avant de mourir. Alors, il se résolut à jouer le jeu. Il se
pencha en avant, tint la main du vieil homme et dit doucement :
— P'pa, c'est moi. Je
suis de retour.
Le mourant serra la main qu'on lui
tendait; ses yeux qui ne voyaient pas s'écarquillèrent pour scruter les
environs; un sourire de contentement se dessina sur sa face et y demeura jusqu'à
ce qu'il mourût, une heure plus tard.
Anthony De Mello *
*

Ý
LÉGENDE HINDOUE
Une vieille légende
hindoue raconte qu'il fût un temps où tous les hommes étaient des dieux. Hélas,
ils abusèrent tellement de leur pouvoir divin que Brahma, le maître des dieux,
décida de leur ôter leur divinité et de la cacher à un endroit où il leur
serait impossible de la retrouver. Le grand problème fût donc de lui trouver
une cachette sûre.
Les dieux mineurs,
convoqués en conseil pour résoudre ce problème, proposèrent ceci : «
Enterrons la divinité de l'homme dans la terre.» Mais Brahma répondit : «Non,
cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la retrouvera ».
Alors les dieux
proposèrent : « Dans ce cas, jetons-là dans le plus profond des océans ».
Mais Brahma répondit : « Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les
profondeurs de tous les océans et je suis sûr qu'un jour, il la trouvera et la
remontera à la surface ».
Alors les dieux
mineurs conclurent : « Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble
exister sur terre ou dans la mer aucun endroit que l'homme ne puisse atteindre
un jour ».
Enfin Brahma hocha
la tête et dit : « Je sais ce que nous ferons de la divinité de l'homme.
Nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il
ne pensera jamais à la chercher ».
Depuis ce temps-là,
conclut la légende, l'homme fait le tour de la terre, explore, escalade, plonge
et creuse en vain, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.
Source: Collection
Lazuli

Ý
ECHO
Un père et son fils se
promenaient en montagne.
Soudain, le fils tombe,
se fait mal et crie :
— AAAhhhhhhhhhhh!!!
À sa grande surprise, il entend
une voix qui répète, dans
la montagne:
— AAAhhhhhhhhhhh!!!
Curieux, il demande :
— Qui es-tu?
Il reçoit pour toute réponse:
—
Qui es-tu?
Agacé par cette réponse, il
crie :
— Peureux
!
Et entend:
— Peureux
!
Alors il regarde son père et
demande :
— Qu'est-ce
qui se passe, papa?"
Le père sourit et répond
:
— Mon
fils, écoute bien, maintenant.
Et il crie vers la
montagne :
— Je
t'admire !
La voix répond :
— Je
t'admire !
Il crie encore :
— Tu
es un champion !
La
voix répond :
— Tu
es un champion !
Le garçon est surpris mais ne
comprends toujours pas.
Alors le père explique:
— Les
gens le nomment écho, mais c'est en fait la vie.
Cela te renvoie tout ce que
tu dis ou tu fais.
Reçu de Christian Godefroy,
Le Club-positif.com
Ý
LE JOUR OU
LA NUIT ?
Un gourou demanda
à ses disciples comment ils pouvaient déterminer le moment où la nuit est
terminée et le jour, commencé.
L'un dit :
— Quand on voit un animal à distance et qu'on peut dire si c'est une vache
ou un cheval.
— Non, dit le gourou.
— Quand on regarde un arbre à distance et qu'on peut dire si c'est un
margousier ou un manguier.
— Faux encore, dit le gourou :
— Quand vous regardez un homme en face et pouvez reconnaître votre frère en
lui; quand vous regardez une femme en face et pouvez reconnaître votre
soeur en elle. Si vous ne le pouvez pas, quelle que soit la position du soleil,
il fait encore nuit.
Anthony De Mello,
**

Ý
LE CIEL ET L'ENFER
Un homme parlait avec le Seigneur
du paradis et de l'enfer. Le Seigneur dit à l'homme :
« Viens, je te montrerai
l'enfer. »
Ils entrèrent dans une pièce où
un groupe d'hommes partageaient une énorme marmite de ragoût. Chacun d'entre
eux était affamé, désespéré et mourant de faim. Chacun tenait dans sa main
une cuillère qui pouvait atteindre la marmite, mais chaque cuillère était
munie d'une poignée beaucoup plus longue que leur propre bras, si longue
qu'elle ne pouvait servir à porter le ragoût à leur bouche. La souffrance était
terrible.
« Viens maintenant, je vais te
montrer le paradis », dit le Seigneur après un moment.
Ils entrèrent dans une autre pièce,
identique à la première - la marmite de ragoût, le groupe de
personnes, les mêmes longues cuillères. Pourtant tous étaient heureux et bien
nourris.
« Je ne comprends pas, dit
l'homme. Pourquoi sont-ils heureux ici alors qu'ils étaient misérables dans
l'autre pièce et que tout est semblable ? »
Le Seigneur sourit.
« Ah, c'est simple,
dit-Il. Ici, ils ont appris à se nourrir les uns les autres. »
Ann Landers *
*

Ý
C'EST
POUR TOI...
Il y a de cela plusieurs années, un père punit sa
fillette de 3 ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré.
L'argent se faisait rare et il ne put supporter que la fillette utilisât le
papier pour décorer une boîte à cadeau qui allait occuper le dessous l'arbre
de Noël.
Le lendemain matin, la petite apporta le cadeau à son père
en lui disant : « C'est pour toi, papa ! »
Embarrassé, son père regretta sa trop vite réaction.
Toutefois, elle se raviva et ne fit qu'empirer quand il découvrit que la boîte
était vide.
Il cria alors à sa fille : « Ne sais-tu pas qu'en
offrant un paquet-cadeau, il doit toujours y avoir quelque chose dans la boîte
? »
La fillette regarda son père les yeux pleins d'eau et
lui dit : « Mais papa, la boîte n'et pas vide : je l'ai remplie de baisers,
juste pour toi... »
Le père était chaviré. Il enlaça sa fille, la priant
de lui pardonner sa réaction.
Peu de temps après, un accident vint faucher la
fillette. Le père garda longtemps la boîte, tout près de son lit. À chaque
fois que le découragement l'assaillait, il prenait la boîte, en tirait un
baiser imaginaire et se rappelait l'amour que l'enfant y avait mis.
Auteur non connu

Ý
UNE
OCCASION SPÉCIALE
Mon ami ouvrit le tiroir de la commode de son épouse et
en sortit un petit paquet enveloppé de papier de soie :
« ceci, dit-il, n'est pas un simple paquet, c'est de la lingerie ».
Il jeta le papier et observa la soie et la dentelle.
« J'achetai ceci la première fois que nous allâmes à New York, il y a 8 ou
9 ans. Elle ne l'utilisa jamais. Elle voulait le conserver pour une occasion spéciale.
Et bien... je crois que c'est le bon moment justement ».
Il s'approcha du lit et rajouta ceci à d'autres choses que les pompes funèbres
emmèneraient. Sa femme venait de mourir.
En se tournant vers moi il me dit :
« ne garde rien pour une occasion spéciale, chaque jour que tu vis est une
occasion spéciale. »
Je pense toujours à ces paroles... elles ont
changé ma vie.
Aujourd'hui je lis beaucoup plus qu'avant et je nettoie moins.
Je m'assieds sur ma terrasse et admire le paysage sans prêter attention aux
mauvaises herbes du jardin.
Je passe plus de temps avec ma famille et mes amis et moins de temps au travail.
J'ai compris que la vie est un ensemble d'expériences à apprécier.
Désormais je ne conserve rien.
J'utilise mes verres en cristal tous les jours.
Je mets ma nouvelle veste pour aller au supermarché si l'envie me prend.
Je ne garde plus mon meilleur parfum pour les jours de Fête, je l'utilise dès
que j'en ai envie.
Les phrases du type un jour... et un de ces jours...
sont en train d'être bannies de mon vocabulaire.
Si ça en vaut la peine je veux voir, entendre et faire les choses maintenant.
Je ne suis pas tout à fait sûr de ce qu'aurait fait la femme de mon ami
si elle avait su qu'elle ne serait plus demain (un demain que nous prenons tous
à la légère).
Je crois qu'elle aurait appelé sa famille et ses amis intimes.
Peut-être aurait-elle appelé quelques vieux amis pour faire la paix ou
s'excuser pour une vieille querelle passée.
J'aime penser qu'elle serait peut-être allé manger chinois (sa cuisine préférée).
Ce sont ces petites choses non faites qui m'énerveraient beaucoup si je savais
mes heures comptées.
Je serais énervé de ne plus avoir vu certains de mes amis
avec lesquels je devais me remettre en contact un de ces jours...
Énervé de ne pas avoir écrit les lettres que j'avais l'intention d'écrire un
de ces jours.
Énervé de ne pas avoir dit assez souvent à mes proches combien je les aime.
Maintenant je ne retarde rien, ne repousse ou conserve rien qui pourrait
apporter de la joie et des rires à nos vies. Je me dis que chaque jour est spécial...
chaque jour, chaque heure, chaque minute est spéciale...
Dominique Monteiro

Ý
Benjamin, qui était en pension, reçut par la poste un paquet
de gâteaux de sa mère.
Il en mangea quelques-uns et cacha le reste sous son oreiller.
Après déjeuner, il voulut en prendre d'autres : la boîte avait
disparu !
Quelques temps après, son capitaine, auquel il avait raconté
le vol de ses gâteaux, voit un autre gamin en train de les manger, caché sous un arbre.
— Il faut que ce garçon apprenne à ne plus voler,
se
dit-il.
Il retourne voir Benjamin et lui dit :
— Benjamin, j'ai trouvé
ton
voleur. Veux-tu m'aider à lui donner une leçon ?
— D'accord, comment allez-vous le punir ? demande
Benjamin.
— On ne va pas le punir. Tout ce que cela ferait, c'est qu'il
t'en voudrait, expliqua-t-il. J'aimerais que tu demandes à
ta mère de t'envoyer un autre paquet de gâteaux.
Aussitôt dit aussitôt fait, le nouveau paquet arriva quelques
jours plus tard.
— Maintenant, dit le capitaine, le voleur est près
du tennis.
Va le voir et partage tes gâteaux avec lui.
— Mais c'est lui qui les a volés !
—
Je sais. Mais fais-le quand même, et
regarde ce qui va se passer.
Une demi-heure plus tard, le capitaine vit les deux garçons
revenir du tennis bras dessus bras dessous. Celui qui avait volé
les gâteaux essayait de convaincre Benjamin d'accepter son
couteau suisse en paiement pour les avoir volés, et Benjamin
refusait le cadeau de son nouvel ami, disant que quelques gâteaux
secs n'étaient pas si importants...
Reçu de Christian Godefroy,
Club-positif.com,
SUISSE (02-01)
Ý
Faites-nous connaître des
fables, des contes qui mettent en valeur un aspect de la croissance
personnelle ou de la noblesse humaine.
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Il
était une fois...
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L'HEURE
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