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Un espace de sensibilisation à l'esclavage
sexuel des enfants.
Nous ne sommes pas associés à la lutte au
crime organisé
ou à la poursuite légale de contrevenants.
Mot
de présentation
Nous avons résolu
d'ajouter notre voix à d'autres voix qui disent le drame vécu
par des milliers d'enfants et de jeunes à travers l'esclavage. En plein XXI
ième
siècle, cette honte existe toujours et même augmente. Elle brise des personnes jusqu'à
l'âme, et ceux-ci prendront souvent une vie à se réconcilier avec la vie.
Nous aimerions
aussi montrer que des jeunes se relèvent et s'en sortent, qu'ils allument
à leur tour une lueur d'espoir pour d'autres, et qu'à plusieurs c'est
possible de faire lever la pâte d'un autre pain. Voilà pourquoi nous avons appelé ce
projet Enfants du Levant.
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L'ESCLAVAGE
SEXUEL
Qu'est-ce que c'est ?

www.studio-sth.com
Elle s'appelle Ninn
Voici un cas qui nous
donnera une idée du parcours de tant de jeunes. À 14 ans, Ninn quitte sa
Malaisie natale.
On l'a vendue à un réseau à Bangkok, tandis qu'on lui faisait miroiter qu’elle pourrait devenir mannequin. D’abord on a été
délicat avec elle : un bracelet et un foulard neuf, un miroir nacré
pour son sac à main… Puis elle s’est retrouvée dans une chambre d’hôtel
un peu sombre, où elle a compris ce qui lui arrivait : une douzaine
de clients à desservir par jour, des fois jusqu’à vingt. Dormir quand
on peut. Se prêter aux fantaisies les plus extravagantes et souvent
violentes.
...Suite
Des millions de Ninn...
Réalité isolée ? Déjà il y a
quelques années, on pouvait lire ceci : « Quatre millions de femmes et de
fillettes sont achetées et vendues chaque année dans le monde (…) Chaque
année, selon l’UNICEF, au moins 10 000 femmes ou fillettes des pays
voisins de la Thaïlande arrivent dans ce pays où elles finissent
prostituées dans des établissements spécialisés. » (Le
Devoir, Montréal, 22 sept. 2000)
« Le
trafic d’humains est devenu une activité si lucrative qu’il est à la
veille de supplanter celui des stupéfiants. » (Les
habits neufs de l’esclavage, Le Devoir, Montréal, avril 2001).
Faits
et données statistiques
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ABUSEURS,
ABUSÉS, COMPLICES
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Les abusés
sont surtout
des jeunes femmes - et de plus en plus des enfants. Elles
en viennent à se considérer foutues et à subir, impuissantes. Elles vont souvent mourir jeunes du sida.
Une travailleuse de rue de Québec
nous confiait : « Pour chaque année de prostitution, il faut compter 7
ans de réadaptation ». Elle parlait pourtant de jeunes femmes en
Occident, qui n'ont pas vécu l'enlèvement. Quoi penser de
celles qu'on y a entraînées de force, quelquefois depuis l'âge de
10 ans, et qui vont passer vingt ans dans les bordels d'Asie du
Sud-est ou de République dominicaine ?...
Car les défis sont de taille.
Arriver à se déprendre des filets du réseau dont on était une
propriété, partir loin. Trouver des ressources d'aide pour se
réadapter. Apprendre un métier et parvenir à suffisamment
d'indépendance financière pour ne pas être récupérée.
Le plus grand défi est peut-être
d'alléger au fond de soi ce poids immense, mélange d'inquiétude
et de dégoût. Une longue bataille pour se réconcilier avec
soi-même et se remettre à croire à la bonté de la
vie.
Certaines y arrivent. À leur contact, d'autres reprennent courage. |
Les abuseurs
sont souvent des proches tout d'abord, ensuite les réseaux de
trafiquants reliés à la pègre et à la drogue, parfois les forces de
l'ordre qui ferment les yeux... mais aussi les
touristes sexuels qui ne se doutent pas qu'ils font vivre ce système.
Chacun de nous cherche le bonheur du côté qu'il connaît. Et comme on
parle toujours « du plus vieux métier du monde », il faut bien que quelqu'un
le fasse... Les proxénètes en arrivent sans
doute à développer beaucoup de culpabilité, qu'ils gèlent tant
bien que mal avec la drogue et sont eux-mêmes souvent prisonniers
des réseaux. Les abuseurs ont souvent eux-mêmes été abusés. Ils vivent souvent un profond combat intérieur,
mêlé d'envies de revanche et d'argent facile à défaut de bonheur.
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POUR UN VOYAGE INOUBLIABLE
CHAMBRE
AVEC VUE SUR L’ AMER
À PRIX TOUT RISQUE
HÉPATITE B ET SIDA SANS SUPPLÉMENT |
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Les touristes sexuels sursauteraient
si vous leur disiez qu'ils font aussi partie des abuseurs. En
vacances ou en voyage d'affaires,
s'ils profitent d'un séjour au Sud pour s'offrir un peu d'exotisme,
ils paient pour ce service. « Quoi de plus légitime ? aucun rapport avec ceux qui créent l'esclavage,
quand même...»
Ils ne le créent pas, directement
du moins. Mais ils l'entretiennent, inconscients qu' il
y a une offre parce qu'il y a une demande.
Plusieurs après coup
n'hésiteraient pas à dire «
si j'avais su... ». Ce qui est arrivé à Ninn pour s'en sortir
nous l'a montré.
Un pays
peut trouver tentant de fermer les yeux sur ce commerce.
Le tourisme apporte des
devises.
La complicité d'autres
pays joue un rôle important.
Pour les gens reconnus coupables de trafic d’enfants, ils n’ont qu’à
franchir la frontière, un autre pays les accueille. Savez-vous, par
exemple, que l’Amérique du Nord sert chaque année de transit à des
milliers de femmes kidnappées par les réseaux de prostitution ?
C'est là que la complicité devient plus
subtile. Un pays comme le Canada s'est donné une loi
dissuasive face au tourisme sexuel : qui la connaît et combien de fois
a-t-elle été appliquée jusqu'ici ? Nous affirmons officiellement
notre attachement aux droits humains : s'il ne fait pas partie de
nos contrats commerciaux avec l'étranger, quel message livrons-nous ?... Lorsqu'au
Canada l'âge du consentement aux rapports sexuels est de 14 ans, que
des lobbies puissants y militent pour obtenir la
légalisation de la prostitution, quelle volonté d'agir aurons-nous
pour restreindre le trafic des femmes vers nos salons de massage et nos établissements
hôteliers ?... |
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