Chemins de CROÎT-SENS
Pour créer des ponts entre notre recherche d'épanouissement et l'expérience du spirituel

 

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Se relier à l'universel...
...PAR  LE  VÉCU
(Témoignages, projets)

 Votre expérience du spirituel, heureuse ou difficile, a-t-elle eu à voir avec votre croissance personnelle ?  L'une a-t-elle influencé l'autre ?... 
Nous aimerions ici vous donner la parole. 

 

  COMPOSTER LA SOUFFRANCE

C'est sûr qu'on finit par ne donner que de ce qu'on est. Et quand on s'aperçoit que même nos passages de souffrance, avec leur remontée, permettent de raviver chez d'autres une espérance, c'est comme la vie qui dégèle sous la neige au printemps, comme le germe qui éclot à travers le compost, et pour moi c'est la fête intérieure à chaque fois. Je me prends à croire que la souffrance n'est décidément pas dans la vie pour rien... Du coup, ça m'émerveille de la vie à chaque fois et ça me donne le goût de continuer, à vivre aussi bien qu'à donner.

Christophe Élie

 

DANSER AVEC LE DIVIN

Une petite communauté chrétienne, à Sillery dans Québec, vit une aventure humaine et spirituelle digne d'intérêt. Ensemble, ces gens se passionnent à rapprocher des francophones avec des anglophones, des anglicans avec des catholiques, des chercheurs de sens avec des artistes... Voici comment ils parlent de leur projet, dans une version encore préliminaire à mûrir par toute la communauté : une bouffée d'oxygène !


« La communauté St-Michaël à Québec rassemble des personnes de différents horizons spirituels et philosophiques autour d’un projet de ré-enchantement ancré dans la tradition anglicane et ouvert à d’autres formes d’expression du divin dans nos vies. 

Enracinée dans la foi chrétienne, notre communauté se laisse surprendre par le divin qui, tel un amoureux, la guide dans une danse à trois temps : la contemplation, la vie communautaire et l’action.

Par la contemplation, nous développons une spiritualité de la beauté, nous apprenons la discipline de la prière, nous offrons des louanges pour la joie de danser avec le divin. Notre vie communautaire nous invite à accueillir les autres et à nous ouvrir à la différence ; nous nous rassemblons régulièrement pour laisser place au sacré dans une unité enrichie par la diversité de nos croyances et de nos cultures. Par nos actions, nous prenons soin les uns des autres, nous prenons soin des autres femmes et des autres hommes de la terre, nous prenons soin de la Terre elle-même et nous nous enseignons mutuellement la Parole du divin qui fait irruption dans nos vies. »

Version anglaise:

« The community of St-Michael’s in Québec gathers people together from different spiritual horizons and philosophies around a project of renewed discovery of the sacred, anchored in the Anglican tradition while open to other forms of expression of the divine in their lives. 

Rooted in the Christian faith, we await God’s surprises as s/he guides us like a lover in a 3-step dance: contemplation, community and action. 

In contemplation we develop a spirituality of beauty, learn a discipline of prayer, and together in worship give thanks for the joy of dancing with God. Our sense of community draws us to welcome others, hospitable to their differences, as we regularly gather in God’s presence in a unity enriched by the diversity of our beliefs and cultures. In our actions, personally and collectively, we take care of each other, reach out in compassion to people across the world and undertake the care of the earth itself, learning together how the divine Word bursts into our lives. »

Source : Marcel Arteau et Tom SEttle, Sillery, mars 2008.

 

DONNANT L'IMPRESSION

Jean Vanier, fondateur des communautés de l'Arche, raconte qu'il était à relire les lettres qu'il a écrites à des gens de par le monde, depuis la naissance de l'Arche en 1964. Il en dit entre autres ceci :

Elles racontent la croissance de l’Arche et de Foi et Lumière dans notre monde. Cela m’a ému de relire l’histoire de ces 43 ans. De fait, j’étais émerveillé de tout ce qui s’est passé. C’est tellement évident que Dieu était là, nous guidant sur le chemin, à sa façon discrète : donnant l’impression que c’est nous qui  faisions tout, alors qu’en réalité c’est lui qui formait, guidait les choses à travers nous, inspirait les gens à s’engager dans cette vision.

Jean Vanier, Orval, FRANCE, 2007-08.

 

RACINES

Dans mon patelin, sur le bord du fleuve, on disait : « Quand le vent est fort, ce sont les racines de l'arbre qui vont décider de sa survie, pas ses feuilles.»

Benoît Lacroix, 90 ans

 

PAR LE COEUR, PAS PAR LA TÊTE

« Écoute ce qui m'est arrivé.

Quand je suis parti pour le désert, (...) j'avais tout laissé... sauf les idées que j'avais sur Dieu, bien soigneusement résumées dans un gros livre de théologie que j'avais emporté avec moi, là-bas.

Là, sur le sable, je continuais de lire et relire comme si Dieu était contenu dans une idée, comme si avec de belles idées sur Lui je pouvais communiquer avec Lui.

Mon maître des novices me disait sans cesse : "Frère Carlo, laisse donc ces livres. Sois pauvre et nu devant l'Eucharistie. Dépouille-toi ! Désintellectualise-toi ! Cherche à aimer, contemple..." (...)

Pour me faire comprendre, pour m'aider au dépouillement, il m'envoya travailler.

Mamma mia !

Travailler dans l'oasis, sous une chaleur infernale, ce n'est pas facile !

J'étais à bout. Quand je rentrais à la Fraternité, je n'en pouvais plus.

Je me jetais sur la natte de la chapelle devant le Saint-Sacrement le dos brisé, la tête en feu. Les idées se volatilisaient comme des oiseaux s'échappent de la cage ouverte.

Je ne savais plus comment commencer à prier. Sec, vide, épuisé ! (...)

Les larmes coulaient sur la gandoura qui enveloppait ma fatigue de pauvre.

C'est là, dans cet état d'authentique pauvreté, que je dus faire la découverte la plus importante de ma vie de prière.

Voulez-vous la connaître ?

La prière passe par le coeur, et non par la tête.

Je sentis comme une veine qui s'ouvrait dans mon coeur.

Pour la première fois "j'expérimentai" une dimension nouvelle de l'union à Dieu.

Quelle aventure extraordinaire !

Jamais je n'oublierai cet instant.

J'étais comme une olive passée au pressoir.

Au-delà de l'écrasement, une douceur indicible m'inondait.

La paix était totale. La douleur acceptée par amour était comme une porte qui m'avait fait passer au-delà des choses.

J'ai deviné la stabilité de Dieu. Depuis lors, j'ai toujours pensé que telle était la prière contemplative. (...)

Carlo Carretto, Le désert dans la ville * *

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SCIENCES EXACTES

J'ai toujours été très équilibrée, adonnée aux sciences exactes. Ces connaissances scientifiques ont toujours cheminé parallèlement à ma vision religieuse du monde − les deux voies débouchant pour moi sur le même infini. (...)

Je puis me prêter à tout, tout en ne me donnant qu'à Dieu. Quoi que je fasse − cuisine, couture, bricolage, comptabilité − Dieu est là, en moi, sans que cela me donne pourtant une joie sensible, les sens n'ont rien à voir là-dedans, c'est bien plus profond que cela ! (...)

C'est Dieu qui s'aime en moi.

Camille C., rapporté par Henri Caffarel, « Camille C. ou l'emprise de Dieu »

 

DEUX-POUR-UN

À la section MON TROUSSEAU DE CLEFS, Christophe Élie nous présente son parcours personnel, sur l'expérience de prier.

 

UN DIEU PLUS LIBÉRANT QUE JE ME L'ÉTAIS FAIT...

« Comme bien des enfants, j'ai appris dans mon jeune âge à me représenter Dieu comme un être d'une grande bonté, mais dont l'amour était conditionnel à ma conduite. Au bout de la vie il y avait le ciel, une récompense fabuleuse, mais qu'il fallait conquérir de haute lutte sur nos penchants pas tous bons. Il y avait donc deux conditions : être généreux et s'ajuster à l'ordre divin des choses. Les deux, dans ma petite tête étaient inséparables. 

Plus tard, mon expérience de parent m'ai fait découvrir mon mouvement naturel à aimer mes enfants, et la valeur de passer par leur liberté pour les faire maturer, sans que ce soit à condition de quelque chose. Et là, je me suis dit que Dieu devait être au moins aussi amoureux et libérant que moi je l'étais ! 

Et c'est là, surtout, que j'ai décapé ma peur du regard de Dieu, la peur d'être jugée et punie, ce malaise qui montait à chaque fois que je me sentais écartelée : d'un côté les chemins de mon désir, de l'autre côté les règles qu'on disait être celles de Dieu. 

C'est comme ça que j'en suis arrivée à me dire que Dieu me veut libre d'abord. Qu'il ne peut pas y avoir de réponse vraiment amoureuse de ma part sinon. Et que Dieu n'a pas besoin d'esclaves pour se réconforter. S'il a inventé cette grandiose aventure qu'est l'expérience humaine, il doit bien vouloir nous la permettre pour de vrai. 

Le fait de me libérer de la peur de Dieu  -  petit à petit,  et c'est long ! - a été, je pense, une de mes plus grandes victoires. Ça m'a puissamment aidée à me permettre de goûter la vie, à croire que mes instincts sont bons, et à vouloir faire la fête avec Dieu dans ce qui m'arrive, pour prendre une expression de Christophe Élie dans ses feuillets. »

Pascale Aimey, Québec

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QUOI QU'IL M'ARRIVE

 

Marcher en complicité avec l'Esprit, écouter davantage les voix du dedans que les voix du dehors : quel beau rendez-vous, mais quel bel Everest à conquérir !

J'ai le sentiment d'avoir fait de grands pas dans cette direction quand il s'agit de me positionner face aux événements extérieurs : j'arrive mieux qu'avant à mettre l'Esprit dans le coup peu importe la couleur des événements, qu'ils soient agréables ou durs à encaisser. Faire équipe quand c'est bon, faire équipe quand c'est difficile...

Par contre, j'éprouve plus de mal à vivre cette communion intérieure lorsque moi je me sens tout croche, insatisfait de moi-même, si j'ai dérapé de mon chemin de vérité ou de générosité. J'ai tendance alors à me dire que je ne suis pas digne d'être aidé par l'Esprit, que je dois d'abord aller me nettoyer à l'ombre, sinon le courant ne passera pas... C'est un peu pareil si mes embêtements sont d'ordre purement matériel : Dieu a d'autres chats plus importants que ça à fouetter...

Il y a du vrai là-dedans, mais ça me garde dans une impasse. Ce que je crois comprendre mieux qu'avant, c'est que quel que soit mon état, il ne changera jamais l'amour de la Vie pour moi ou sa capacité de m'aider. Par contre il peut changer ma réceptivité, ma capacité d'absorber cette aide. C'est pourquoi j'essaie de me redire aujourd'hui que mon rendez-vous est de choisir d'où je pars pour regarder la situation : de Son amour ? Ou de mes 'trop', de mes 'pas assez' ? J'ai décidé de croire ceci : la seule exigence que me fait la Vie, c'est d'avoir une intention sincère. Mon affaire à moi, c'est de me ramener avec tendresse à cette vision, plus souvent.

Christophe Élie, Lévis



VOIR:  MON TROUSSEAU DE CLEFS /  PRIER

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Le site GRANDIR est édité par l'Association GRANDIR, QUÉBEC
www.grandir.levinux.org

N'hésitez pas à reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2008-05-20

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