Mon trousseau de CLEFS
Pour mieux approcher les défis, les problèmes émotifs... ou les décisions
La chronique de l'Oncle Christophe

 


   MENU   

ÉQUILIBRE
   

  • ANCRER

« Quand tout tourne autour, fixe un point. »

Entendu d'Yves Turenne, Québec

 

  • EXTRÊMES

Avez-vous l'idée qu'être équilibré, c'est se tenir au milieu en évitant soigneusement les extrêmes ? Comme ça, vous ne décevrez personne, vous n'aurez pas à choisir non plus, c'est sûr. Mais vous risquez alors de devenir une sorte de moyenne de tout le monde, loin de qui vous êtes vous, spontanément : quelque chose de bien triste, non ? Imaginez une vie privée de quelques douces folies, où chaque journée est pareille à la précédente, hum... Trouvez-vous ça de l'équilibre ? Pour moi, c'est de la neutralité sans saveur, de l'anti-vie.

J'aime mieux rechercher un temps pour travailler fort, suivi d'un autre pour décompresser fort aussi; un temps pour s'exprimer, suivi d'un autre pour savourer le silence... L'équilibre, c'est souvent tirer avantage des extrêmes, de leur complémentarité. Ça me fait penser aux polarités d'une batterie : le négatif et le positif sont chacun essentiel pour que l'étincelle se fasse. Dans un couple, c'est pareil : la dominante masculine chez l'un, féminine chez l'autre : c'est ça qui fait que les deux continuent d'être attirés mutuellement. Cherchez à devenir pareils : d'abord, vous n'y arriverez jamais ! Et si vous y arriviez, vous n'aurez plus longtemps de raisons de rester ensemble.

Notre chemin de croissance a lui aussi quelque chose d'un aller-retour entre des extrêmes. Il y a les grands soirs dont on rêve : « quand je serai sage, pleinement amoureux... » Et il y a le quotidien, qui nous donne la mesure des réflexes que nous avons jusqu'à date !  

Supposons que je suis de plus en plus réceptif à l'idée que ce que je fais aux autres, je me le fais à moi-même. C'est une croyance qui fait aujourd'hui bien du sens à mes yeux : de plus en plus elle m'apparaît  non pas comme une morale à m'inculquer, sous peine de culpabiliser, mais comme la façon dont est fabriquée la vie. De là à être capable d'en vivre à tous les jours, oh, c'est une autre paire de manches !... Je me vois aller dans mes vieux réflexes : il y a des jours où je suis très économe dans les cadeaux que je fais à d'autres, et ultra généreux quand c'est pour moi. Et d'autres jours où c'est le contraire : je donnerais à tout le monde sans regarder, mais pour moi, c'est gaspillé... En résumé, je suis tiraillé entre mon idéal et mes réflexes au jour le jour.

L'équilibre, à mes yeux, c'est de reconnaître cette réalité et d'accepter de faire quelque chose en même temps aux deux bouts de la chaîne. Non seulement varier mon activité, dans un aller-retour entre la pensée et l'action. Mais plus largement en aller-retour entre l'idéal et la réalité : d'un côté garder bien en vue mon aspiration, mais ne pas me tracasser si je mets du temps à m'en approcher, et même quand je rechute dans ma décision d'aller dans cette direction. Car encore une fois, l'important est d'être en chemin, pas d'être arrivé. Ceci dit, ne pas attendre le grand soir pour faire quelque chose, le moment où ça va être facile  : me discipliner à me pratiquer aujourd'hui même, dans de petits gestes qui le concrétisent. Et les répéter patiemment, car eux seuls vont peu à peu me créer de nouveaux réflexes. 

Me remettre en chemin un peu chaque jour, sans me demander la lune : voilà l'équilibre, à mes yeux. Si on y pense bien, ça a quelque chose de l'équilibriste sur sa corde : immobile il tombe, en mouvement il tient bon.

 

  • LE HAUT ET LE BAS

Au Feuillet 8 de L'ALLUMEUR DE RÉVERBÈRES, il m'était venu une image pour parler d'équilibre : nous sommes la voile d'un bateau battu par les vents. En autant que nous sommes solidement attaché en bas (attraper les défis concrets du quotidien) et en même temps solidement attaché en haut (cultiver notre état d'esprit, une certaine spiritualité), nous sommes en sécurité, même si le bateau brasse.

À mesure que j'avance, je vois autre chose en plus pour consolider l'équilibre. Il ne s'agit pas seulement de prendre à pleines mains les deux extrémités de notre mât, mais de faire profiter une extrémité de la force de l'autre.

Qu'est-ce que ça veut dire ?  Lorsque je vis une relation, que je prends une décision ou que je pose un geste, assurer mon équilibre veut dire braquer sur cette action l'éclairage d'une vision de fond : par exemple, choisir de l'aborder amoureusement, ou encore la maintenir aussi longtemps qu'elle me procure du plaisir. En fait, c'est de faire comme le maçon qui ne perd pas de vue qu'il est en train de bâtir une cathédrale, et non pas seulement d'aligner des briques.

À l'inverse, si je vais au désert dans une réflexion, une méditation ou la prière, assurer mon équilibre veut dire incarner cette prise de hauteur, faire du corps ma porte d'entrée : par exemple, partir d'une respiration profonde, prendre le temps de ressentir mes membres ou mon état d'énergie.

De cette façon, notre état d'esprit vient transfigurer un geste, lui donne tout son sens. Et le geste vient incarner un état d'esprit, le rend réel.

 

  • MAISON

Une participante au colloque sur la Simplicité volontaire (Québec, nov. 2001), nous a partagé son tableau de bord d'équilibre personnel:  « Ma maison a quatre murs: la famille, le travail, le loisir, le bénévolat. Quand je commence à avoir froid, je me demande lequel de mes murs a des fuites d'air. »

 

  • ÉQUILIBRÉ

« Il ne faut pas attendre d'être équilibré pour s'engager;
on s'équilibre en s'engageant ».


Gonzague et Denise Drapeau, QUÉBEC

  • ARTS MARTIAUX

Souvent, notre bien-être tient moins à telles ou telles solutions, qu'à l'équilibre que nous refaisons entre les différents morceaux de nous-même, un peu comme un parent est attentif à ce que tous ses enfants aient leur part dans la vie familiale.

Un témoignage nous vient des dérivés d'arts martiaux :
«Dans le tai ji quan [prononcer tai chi chouan],  il n'y a rien à vaincre, rien à dresser, aucune utilité et aucune justification autre qu'un émerveillement. L'humain souvent s'éloigne de la vie, omet de se laisser porter par la pure joie de vivre. Pour y revenir, il lui faut renouer avec la posture, la respiration, la détente, l'énergie vitale (le Qi) et le centre de la vie (le tantien). C'est une aventure qui implique la tête, le corps et le coeur».


Gilles Thibault, instructeur de tai chi, Montréal, cité par Jean Bouchard, dans «Dix facettes du tai ji quan», Revue Guide ressources, Montréal, février 2000.

 

  Retour au    MENU     de Mon trousseau de CLEFS

Le site GRANDIR est édité par l'Association GRANDIR, QUÉBEC
http://www.grandir.levinux.org

N'hésitez pas à reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2005-05-22

Accueil   |   Haut   |   Navigation   |   Nous contacter   |   Plan du site    |
Qui nous sommes   |   Quoi de neuf