Mon trousseau de CLEFS
Pour mieux approcher les défis, les problèmes émotifs... ou les décisions
La chronique de l'Oncle Christophe

 


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EFFORT   |   FORCER 

« L'effort implique l'existence souvent d'une autre force, de nature psychologique, qui nous freine. » (T.K.V. Désikachar, Yoga et entretiens sur la théorie et la pratique.)

Cette phrase m'a fait prendre du recul sur mon expérience. Il y a des moments où nous forçons les choses, où notre volonté est plus grande que notre désir, ou encore mal appropriée aux gens autour, à la situation. Et quand ça force, ça casse; en tout cas, ça blesse.

Mais à l'inverse, il y a des moments où nous éprouvons une certaine inertie, et sentons que nous devons nous dépasser, « nous botter le derrière », sans quoi nous nous installons dans une routine, une léthargie. Quelque chose nous dit que nous vivons à moitié, que nous escamotons la saveur ou la tendresse.

Dans les deux cas il y a effort. Pourtant, ils sont très différents. Dans le premier, on se rend compte après coup qu'on a brusqué une sorte d'harmonie des choses, on a forcé les choses. Même à un faible degré, on a violé, chez soi-même ou chez d'autres. Il aurait fallu s'arrêter juste un peu avant que la vie, la joie, ne passe plus.

Dans le deuxième cas, au contraire, on prend conscience d'une sorte d'ankylose, et on sent qu'il faut faire appel à la volonté pour la dépasser, diluer l'obstacle. Autrement, c'est la routine et la dévitalisation qui s'installent. On est moins que notre organisme sait qu'il pourrait être. Ici, ce qui compte, c'est le fait d'entreprendre une certaine pratique, de l'insérer à notre quotidien, et de nous y tenir jour après jour.

Il n'est pas toujours facile de discerner. Déjà de prendre conscience qu'il s'agit de deux réalités fort différentes nous aide à devenir plus alerte. Car dans un cas comme dans l'autre, tout est une question d'écoute intérieure, de ressenti. Comme pour un mal de tête, l'effort nous indique la présence de tension. Et la tension nous parle d'un combat. C'est toujours à nous demander de quoi est fait le combat, et de quoi est faite notre impulsion spontanée, que nous arrivons à y voir plus clair et à corriger le tir.

À propos de l'effort à consentir pour nous dépasser, que Désikachar appelle ABHYASA et qui signifie persévérance, il ajoute :

« Il y a une force qui nous pousse à pratiquer et une autre force, faite de nos anciennes habitudes, qui nous en empêche. C'est pourquoi, en général un effort s'avère vraiment indispensable.

Quand arrive le moment où l'effort n'est plus requis, c'est que l'esprit est prêt à aller dans une seule direction. Il n'est plus troublé par notre dualité. Il est orienté et entre en communication directe avec "l'objet" de notre attention. Cet état est YUG, i.e. union, unité avec ce qui est ! »

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 v2005-04-03

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