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DÉFI
Une tâche à réaliser vous
crée un fort stress. Vous y pensez beaucoup, mais vous tardez à vous y
mettre, ce qui augmente encore votre agacement.
Essayez ceci, qui a souvent
marché pour moi : théâtralisez le problème. Au lieu de continuer à
l'aborder comme un tracas, imaginez que vous venez d'avoir le contrat de
mener ça à terme dans un bref délai et qu'on vous reconnaît comme
étant le seul compétent pour le faire. Ou encore, imaginez que vous
êtes un instructeur et que vous avez à apprivoiser un jeune à cette
tâche : il a bien besoin d'être motivé.
Tiens ! Après quelques
minutes où vous vous y êtes mis, ce n'est plus un problème, c'est
devenu un défi -- et même un beau défi, à mesure que vous
voyez le travail avancer. Vous allez peut-être même vous surprendre à
accélérer le tempo et à y prendre plaisir.
Pour mieux comprendre
Vous venez de vivre une fois
encore le rendez-vous de la liberté : l'humain peut faire n'importe quoi
à la condition d'avoir le sentiment de l'avoir choisi. Sinon, personne ne
grimperait jamais l'Himalaya, ni ne pratiquerait un sport à risque. Il
s'agit donc de déjouer votre mental (ici, le lamentable), en lui
faisant croire que vous avez bien envie de cette activité !
En même temps, nous avons
besoin de réaliser que le défi fait partie de la croissance comme la
chaleur fait partie du feu. Il semble que le blé ait besoin des vents et
des tempêtes pour donner son fruit, autrement l'enveloppe du germe restera
une coquille vide.
C'est vrai de la même façon
chez les humains, et jusque chez les personnes suicidaires. C'est ainsi
qu'une intervenante auprès des Amérindiens au Centre d'amitié autochtone
de Montréal, Sky Bellefleur, confiait qu'elle a eu du succès avec des
personnes qui voulaient en finir avec la vie, en les provoquant :
« ...je les mets au défi : c'est facile de mourir
― leur dit-elle
― mais c'est beaucoup
plus difficile de survivre. Je les force à se concentrer sur leur propre
existence ». *
Quand un défi nous paraît
une corvée, le fait de conscientiser par avance qu'il est un outil de la
vie à notre avantage peut faire une différence ―
comme de se rappeler devant un
policier qu'il est un employé de notre communauté à notre service, et non
pas une menace. Si nous formulons à notre oreille « ce défi va me
construire, pourvu que je le prenne du bon côté... », peut-être
sentirons-nous une petite énergie nouvelle. Pas une grande euphorie, non, mais
juste ce qu'il faut pour nous y mettre avec coeur. Après coup nous aurons
quelquefois la surprise d'en avoir fait un beau terrain de jeu.
C'est à ce moment que le
défi cesse d'être synonyme de souffrance
― ce qui aurait
été le cas si nous l'avions abordé en victime.
* Recueilli par Brian Myles,
"Les autochtones laissés à eux-mêmes, Le Devoir 28 février 2005.
VOIR AUSSI: PROBLÈME
ÉMOTIF.
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