Mon trousseau de CLEFS
Pour mieux approcher les défis, les problèmes émotifs... ou les décisions
La chronique de l'Oncle Christophe

 


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COUPLE
 

  • BLESSURES D'ENFANCE

Vous est-il arrivé de vous prendre une écharde dans la main, sans vous en rendre compte sur le coup, jusqu'au moment où vous faites une pression inattendue. « Aie ! » : la réaction ne se fait pas attendre.

Dans une vie de couple, nous rencontrons si souvent de ces échardes au plan émotif ! une parole de ma conjointe, un geste... me met à répétition hors de moi, en provoquant de ma part une réaction disproportionnée avec ce qui l'a causée. J'entre alors en colère ou en tristesse, et je lui fais sentir « c'est de ta faute ». À d'autres moments c'est l'inverse : j'ai une réaction qui me paraît anodine, et voilà que ma compagne grimpe dans les rideaux.

Quand j'ai piqué ma colère, l'attitude de ma compagne me semblait la cause de mon émotion. Mais tout bien observé, j'ai réalisé qu'elle était en fait un révélateur d'autre chose, de blessures bien enfouies qui remontent à belle lurette, avant même que je connaisse ma conjointe : une enfance avec ses trous d'affection longs à guérir, une sortie d'adolescence avec des conflits difficilement résolus, des deuils en série... Un lot que j'ai en commun avec tant d'humains !  Mais c'est dans mes relations d'aujourd'hui que ces blessures-là crient encore. 

C'est un ami qui m'a amené à cette réflexion, en me parlant de sa conjointe qui avait vécu l'abus sexuel dans son enfance :  « J'aurais eu bien des raisons de divorcer, sur notre parcours. Mais pas celle-là, même si je n'étais pas au courant lorsque nous nous sommes mariés. Parce que ça, ce n'est pas de sa faute... »  J'ai trouvé ça grand de sa part. Et j'ai eu envie, en l'écoutant, de l'encourager à faire quelque chose de spécial pour se récompenser dans un moment semblable. Car c'est mange-énergie de permettre à l'autre d'être fait comme il est fait, quand on a à vivre au jour le jour avec les séquelles de ce qui l'a blessé  à plus forte raison quand il est tenté de nous en rendre coupable !

Faire la vérité avec moi-même là-dessus, puis le partager avec ceux avec qui je vis au quotidien, peut représenter un laboratoire de résurrections étonnantes. Qui demandent toutefois un grand courage.  Dans le cas où c'est moi qui éclate, je vois là une bonne occasion pour prendre mon enfant intérieur et le réconforter : « je vais prendre soin de toi, ' t'inquiète pas... ». (J'ai trouvé que le livre de John Bradshaw, Retrouver l'enfant en soi, était un cadeau à se faire, dans ce domaine.) 

Aussi, ça vaut la peine de faire connaître à ma compagne que j'ai compris ce qui se passait là, et qu'elle y est pour peu de chose. Le fait de la déculpabiliser devrait l'aider à prendre mon humeur avec humour, et par après à se montrer plus réceptive à mon besoin, dans les moments où l'écharde réapparaît. Si elle dédramatise ma réaction, ça va m'aider, moi, à dédramatiser la situation. 

Et puis il y a les cas où c'est chez ma compagne qu'une blessure d'enfance vient nous mettre en tension. Ici, c'est de rechercher le bon moment pour lui refléter que je m'en suis rendu compte. Elle sera peut-être attristée d'abord, puis grandement réconfortée, d'entendre de ma part le message « Ça t'appartient, je n'ai pas à payer pour ça. Mais j'aimerais que tu saches que je te permets d'être comme tu es... »  

Nos blessures d'enfance viennent souvent se combiner à des situations qui mettent encore plus notre couple au défi. Pensons au fait de former une famille reconstituée, par exemple. Ou à celui d'être un couple mixte culturellement. J'ai pris un moment pour aborder ce dernier cas, au thème DIFFÉRENCE CULTURELLE.

  • DISTANCE

« Emplissez chacun la coupe de l'autre
     mais ne buvez pas à une seule coupe.
Partagez votre pain 
     mais ne mangez pas de la même miche. »


Almustafa, dans Le Prophète, de Khalil Gibran


Une autre image est celle du feu de bois : trop éloignées, les bûches ne créent pas la synergie nécessaire à la flamme. Mais trop rapprochées, elles s'étouffent, et ça fume. Garder l'amour vivant, c'est retrouver d'une étape à une autre la bonne distance où chacun se sent vivre : assez proche pour trouver le sens et la sécurité; assez distant pour se sentir libre. Ce n'est jamais trouvé une fois pour toutes, et chaque couple a son propre gallon à mesurer...


  • TENTATION DE SE SÉPARER

J'avais l'occasion d'échanger avec un ami qui, avec son épouse, réfléchissent sérieusement à l'hypothèse de se séparer. Ils ont entrepris une démarche honnête, et sortent d'une première rencontre avec un psychologue, qui les a fait parler de leurs problèmes.

À l'écouter, je me suis rappelé l'expérience d'autres couple que j'ai suivis de près. Leur  démarche avait été davantage de mesurer leurs problèmes que de retrouver une espérance dans leur situation. J'ai pris conscience qu'un couple doit savoir qu'il peut beaucoup pour guider celui qui l'accompagne. Et j'ai proposé à mon ami de suggérer au psychologue d'incorporer à sa démarche des éléments comme ceux-ci : 


1. À chaque fois qu'on évoque un problème, remonter au besoin écorché.
Il est certain que le fait de parler de nos problèmes de couple nous permet de les contacter et de libérer la douleur. Ça permet de nous accueillir nous-même et de lancer un S.O.S. à l'autre. Mais l'écharde est dans la soif laissée en plan, dans le besoin non reconnu : c'est là qu'est la véritable blessure, et c'est là que la vie peut reprendre. Ceci, pour conserver une énergie précieuse pour la recherche de solutions. Car trop de gens, après avoir décortiqué presque scientifiquement leurs problèmes, n'ont plus l'énergie pour se relever, pour croire qu'ils pourront passer de l'autre côté. C'est ce qui fait que la seule issue à leurs yeux est de se séparer.
 

2. Pointer, parmi les besoins exprimés, ceux qui nous sont communs. 
Il peut y avoir là de belles surprises ! Comme le répète le Dalaï-lama, le fait de revenir avec l'autre à ce que nous avons en commun nous aide à marcher davantage dans ses souliers  -  et c'est ce que nous ne sommes pas arrivés à faire suffisamment jusqu'ici. Ceci nous aide à trouver légitimes nos propres besoins, à permettre à l'autre la même chose, et à nous pardonner la situation où nous en sommes arrivés. Et il se peut que nous ayons plus besoin de nous pardonner ce qui ne va pas, que de changer de partenaire parce que ça ne va pas.
 

3. On fait un remue-méninges, où chacun imagine des façons par lesquelles il pourrait se permettre de trouver l'oxygène qu'il recherche, puis permettre à l'autre d'en faire autant. 

 
4. De ce remue-méninges, chacun tire une prise d'oxygène pour chacune des quatre semaines qui viennent, qu'il mettra à son programme, et une qu'il offrira à l'autre selon ce qu'il ou elle voudra bien.
Ça peut être par exemple de déterminer une soirée sacrée pour chacun, avec un petit budget pour s'offrir une bouffe à l'extérieur et rentrer à l'heure désirée. L'autre prévoira de ne rien lui demander ce soir-là et prendra en charge la maison. 


5. Durant les semaines qui suivent, le couple pourrait compléter en interrogeant des amis qui ont vécu la séparation, sur ce qu'ils feraient aujourd'hui, si tout était à refaire.


Écrasés par ce qui nous divise, nous voyons en gros plan ce qui fait notre prison. Mais nous ne sommes pas en mesure de voir les implications qu'aurait le choix de nous séparer : le stress chez les enfants, les frais financiers, le déménagement, la solitude ...et souvent au bout du parcours le choix d'un nouveau partenaire qui ressemble dangereusement au premier dans ses traits négatifs !... Peut-être découvririons-nous tout le prix de rechercher ces prises d'oxygène d'abord à l'intérieur de notre situation actuelle, pour un temps du moins.

J'ai abordé ce sujet plus largement dans L'ALLUMEUR DE RÉVERBÈRES, aux Feuillets 25 et 26.

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Le site GRANDIR est édité par l'Association GRANDIR, QUÉBEC
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N'hésitez pas à reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2005-04-03

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