Mon trousseau de CLEFS
Pour mieux approcher les défis, les problèmes émotifs... ou les décisions
La chronique de l'Oncle Christophe

 


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« ÇA FAIT MAL !... »

Beaucoup de clefs présentées dans le site GRANDIR mettent en valeur la pensée positive. On pourrait résumer ainsi : plutôt que de macérer dans le jus de ce qui nous fait mal, c'est de nous appliquer à déterrer le désir derrière, blessé ou laissé insuffisamment nourri. C'est de délibérément regarder vers l'avant, en posant un petit geste pour se mettre sans tarder du côté de la vie (voir par exemple Faire du NEUF). 

Mais attention ! Cette attitude est tout le contraire de fuir ce qui nous fait mal, ou pire, de nier sa réalité en faisant comme si la douleur n'existait pas. Si la douleur a quelque chose à nous dire pour revivre, c'est en la contactant que nous parviendrons à éprouver son message. On en a une preuve avec les larmes : nous avons tous vécu à plusieurs reprises l'expérience de contacter une émotion douloureuse. C'est seulement à ce moment que nous arrivions à pleurer, et alors à nous sentir libéré.

Contacter la douleur, ce n'est pas philosopher à son sujet, ni se précipiter pour en parler, même à quelqu'un qui peut nous comprendre. C'est faire taire le mental (souvent le lamentable). C''est trouver notre manière personnelle de ressentir ce qui nous arrive, le plus possible avec tout notre être, corps et âme. Escamoter cette étape, c'est être sûr qu'elle reviendra, parce que vécue à moitié.

Je crois profondément que l'amour est le grand guérisseur. Que la première marche de l'amour est la vérité. Et que faire la vérité, c'est contacter, comme le fait l'animal. Après, oui, ce sera l'heure de prendre du recul et de voir comment on peut en faire une occasion d'autre chose. Mais déjà la douleur contactée nous a probablement dit beaucoup sur la direction à suivre.

« AVEC TOI QUOI QU'IL ARRIVE... »

J'ai appris que ce qui vaut pour soi-même (réflexion précédente) vaut aussi lorsque nous voulons aider quelqu'un d'autre à traverser un moment difficile. Une jeune amie me l'a fait comprendre douloureusement, un jour.

À l'occasion d'un deuil affectif qui venait de la terrasser, j'ai voulu sans tarder l'encourager, lui faire voir les éléments positifs qui pourraient résulter de sa situation. À ma surprise, elle s'est enfermée comme une huître dans un profond mutisme, qui a duré une longue période. Et lorsque nous nous sommes revus, c'était pour la voir exploser de colère. À ce moment, elle m'a exprimé à peu près ceci :

« Je n'avais pas besoin que tu me parles de plus tard. Ni que tu me trouves des solutions à mon problème : j'ai ce qu'il faut pour les trouver. Je voulais juste te sentir avec moi, que tu m'écoutes, même si tu ne savais rien dire... »

J'ai encaissé. Mais c'est allé plus loin : un bon bout de temps après nous nous sommes revus. Le contact était meilleur. Elle avait pris une certaine distance face à son deuil, mais celui-ci avait affecté son système immunitaire, et elle rencontrait encore de grandes pannes d'énergie pour faire face au quotidien. Pensant bien faire encore, à nouveau j'ai voulu l'encourager, lui suggérant cette fois d'envisager que quelqu'un d'autre pourrait profiter de ce qu'elle vivait (envoi d'énergie, prière...). Car personnellement, à chaque fois que je me mets dans cet état d'esprit, déjà je souffre moins. Mais elle a réagi par une nouvelle montée d'émotion : « Descend de ta philosophie ! Quand on traverse une période comme la mienne, on ne veut pas se faire dire que ça va servir à d'autres. J'ai juste besoin que tu me me prennes dans tes bras, moi... »

*

Ma conviction que nos deuils peuvent déboucher sur des levers de soleil, et même profiter à d'autres : tout ça est-il à remettre en question ?...

Pas du tout, mais pas tout de suite, car mon expérience m'a si souvent prouvé le contraire. Mais ma jeune amie m'a fait un grand cadeau, celui de me rappeler que chaque passage de croissance a quelque chose d'une nouvelle naissance : la grossesse dans dans un cocon de silence doit précéder l'accouchement. Et une souffrance bien vécue, c'est ça : la préparation d'une nouvelle naissance.

Lorsqu'un deuil nous met en survie émotive, c'est le monde qui s'est arrêté de tourner, celui de notre espoir, le seul qui importe à nos yeux pour un temps. Rechercher déjà des solutions ? Recommencer à lire la carte géographique ? On n'a pas encore confiance à la suite du voyage, ni le carburant pour se remettre en route. Mon amie m'a fait voir qu'une personne blessées est comme un enfant ou une femme enceinte : elle a besoin d'être prise dans les bras, d'être accueillie sans condition, écoutée pour elle-même.

Je comprends mieux le rôle décisif que joue l'énergie du coeur dans notre reprise de confiance   ce que j'appelais repasser du côté de la vie. Il semble bien que c'est seulement lorsqu'on en a ramassé assez qu'on peut reprendre le sac à dos de notre vie : penser à plus loin et se souvenir à nouveau qu'on partage ce monde avec d'autres.

CONSCIENT D'INSTANT EN INSTANT

« Si je ne suis pas conscient d'instant en instant,
ce que je pense n'est pas vrai ».
Krishnamurti, La première et dernière liberté

Vous comme moi sommes émerveillés d'observer un enfant, sa qualité d'écoute à la fois sur ses besoins et sur ce qui se passe autour de lui, à chaque instant. Quel est son secret ? Pourquoi notre qualité d'écoute à chaque moment est-elle un des plus beaux cadeaux à se faire à soi-même ?

Ervin Laszlo ** m'a aidé à y répondre. Ce passionné de jonction entre la science et la spiritualité a compilé quantité de recherches scientifiques toutes aussi passionnantes les unes que les autres, dont les résultats convergent plus que jamais : chacun de nous, chacune des cellules de notre organisme, serions connectés à tout ce qui est : une cellule au reste du corps, notre corps aux énergies du dehors, notre organisme aux harmonies de la vie... Tout ce qui vit ferait partie d'une dynamique admirable où tout s'informe et s'influence à chaque instant.

La petite phrase de Krishnamurti, qui m'a toujours interpellé, reflète probablement ce que nous apprend Laszlo : lorsque je suis en écoute de tout mon être − en contact physique, émotif, mental et même spirituel −, je retrouve l'accès à ce réservoir gigantesque d'information, de potentialités. Ainsi,

-  j'ai une lecture immédiate de mon organisme, par exemple je ressens mon état d'énergie qui me dit de retarder un exercice violent, je ressens ma soif qui me dit de faire une pose devant l'ordinateur, ou ma jambe ankylosée qu'il est temps de détendre;
- dans une période de stress, le fait d'être en état d'écoute de ce qui est là dans l'instant, fait que mon esprit vagabonde moins, se laisse moins envahir par des émotions douloureuses;
- je suis en contact avec mon environnement externe, par exemple j'aurais vite fait d'entendre un enfant pleurer, un robinet goutter, ou dehors de sentir venir quelqu'un derrière moi;
- en même temps, je suis réceptif aux intuitions qui montent de l'intérieur, par exemple que c'est le temps de contacter un ami difficile à joindre, pour apprendre en le faisant qu'il passait justement chez lui en coup de vent !

Quand je retrouve mon état d'écoute, les cordes de mon violon s'entendent pour jouer sur le même sol, mon corps et mon esprit se mettent d'accord pour masser ma jambe ou passer à table. Et du même accord, je redis oui à jouer de mon instrument à l'intérieur du grand orchestre de la vie. Je peux alors revenir à jouer la vie comme le fait cet enfant que j'observe tout près de moi, ou dehors ma fenêtre. Un enfant que je mange des yeux avec admiration, lui qui vit cet état d'écoute par instinct. Alors que moi, qui me pique d'être un adulte plein d'expérience, je dois en refaire le choix conscient, puis le pratiquer et pratiquer encore.


Recul sur la pratique de la pleine conscience

Voici la conception présentée par la Sangha Le Sentier de la rivière (Pagode Bô-Dê de Beauport, à Québec), en introduction à une retraite de pleine conscience (2009) :

« La pleine conscience est l'énergie générée par une personne qui est pleinement consciente de ce qui se passe dans le moment présent. C'est une pratique continue qui consiste à toucher profondément la vie à chaque instant de notre vie courante. Être pleinement conscient, c'est être vraiment vivant, présent et faire un avec ceux qui sont autour de nous et avec ce que nous sommes en train de faire. Nous établissons une harmonie entre notre corps et notre esprit pendant que nous lavons la vaisselle, conduisons la voiture ou prenons notre douche.

En retraite, nous faisons exactement les mêmes choses que lorsque nous sommes chez nous : marcher, s'asseoir, travailler, manger, etc. La différence, c'est que nous le faisons en pleine conscience, attentifs à ce que nous sommes en train de faire. Nous pratiquons la pleine conscience à chaque moment de la journée, pas seulement dans la salle de méditation, mais aussi dans la cuisine, les toilettes, dans nos chambres et quand nous nous déplaçons d'un endroit à un autre.

En pratiquant ensemble, l'atmosphère devient plus joyeuse, plus détendue et plus stable. Nous sommes des cloches de pleine conscience pour les autres, nous aidant mutuellement tout au long de la journée. Avec le soutien de la communauté, nous pouvons pratiquer pour cultiver la paix et la joie en nous et autour de nous, comme un cadeau que nous dédions à tous ceux que nous aimons. Nous pouvons ainsi cultiver notre solidité et notre liberté, être solides dans nos aspirations les plus profondes et libres de nos peurs, de nos erreurs et de nos souffrances. »

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Le site GRANDIR est édité par l'Association GRANDIR, QUÉBEC
www.grandir.levinux.org

N'hésitez pas à reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2009-11-29

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