Mon trousseau de CLEFS
Pour mieux approcher les défis, les problèmes émotifs... ou les décisions
La chronique de l'Oncle Christophe

 


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BIEN ET MAL

Notre vision du bien et du mal nous fournit des critères pour décider, solutionner, interpréter. Si nous regardons en arrière dans notre histoire personnelle, vous et moi aurions pu déplacer des montagnes par la force de certains désirs, tellement nous les avons sentis légitimes et importants. C'était don' bien ! À d'autres moments, nous aurions pu, aussi, faire reculer un train entre Québec et Montréal, tellement nous avons dépensé d'énergie à nous sentir coupables : nous avions mal agi.


Un enjeu au coeur de notre croissance

Oui, il se mobilise là, souvent à notre insu, une énergie immense. Notre référence au bien et au mal est en fait inscrite au coeur de notre héritage qu'il vienne de la nature ou de notre appartenance culturelle. Pour avancer dans notre chemin de croissance, nous sommes donc gagnants de prendre du recul et de voir ce que nous en faisons, et ce que nous voulons en faire dans la suite.

Certaines sources avancent que la notion de bien et de mal correspond à un stade dans l'histoire d'un peuple tout comme dans l'histoire d'une personne; ce serait quelque chose à dépasser pour aller plus loin. Il y a beaucoup de vrai là-dedans. Je crois pourtant que la notion de bien et de mal est plutôt quelque chose à conscientiser, oxygéner, élargir, mais pas à mettre de côté. Car du point de vue social, la référence à ce qui est bien / ce qui est mal est  la base de notre capacité de vivre en société, le fondement de nos lois. Du point de vue personnel, cette référence est au coeur de notre estime de nous-même et de notre paix intérieure pour avancer encore.


Quels sont nos ingrédients ?

Ce qu'il nous faut davantage, à mon avis, c'est de regarder de quoi est faite notre notion de bien et de mal et de nous demander d'où elle nous vient. Un comportement est-il bien ou mal en soi, ou dépend-il seulement d'une convention sociale commode pour s'y retrouver avec les autres ? À qui donnons-nous le droit de dicter nos critères de bien et de mal : à tout le monde sauf nous-même ? Quelle sorte d'énergie nous mobilise : la peur, ou la soif de nous rapprocher de la vérité de la vie, de faire quelque chose de beau avec notre existence ? Notre notion du bien et du mal a sûrement à se décaper, de tout ce qui peut la figer encore, qui oublie que la rivière de la vie est toujours neuve, jamais coulée dans le béton. Plus nous devenons conscient de nous-même et du fonctionnement de la vie, plus il est normal que notre vision du bien et du mal évolue, s'approfondisse.


Mes prises de conscience personnelles

J'ai pris conscience que plus ma vision de la vie en fait quelque chose de bienveillant et de colossalement bien orchestré, plus ma vision du bien et du mal évolue, s'assouplit. J'ai essayé de nommer certains passages qui ont été importants pour moi dans cette évolution. Peut-être aimerez-vous que je vous les partage :

- J'ai compris que j'y gagnais à remonter à l'esprit de la loi, qu'elle soit sociale ou très personnelle, de ne jamais m'en tenir à sa lettre. C'est vrai que la lettre peut tuer. L'esprit illumine, car il tient toujours compte du contexte d'aujourd'hui, de l'instant, sans jamais figer les choses.

- J'ai compris que le mal, c'est souvent moins un choix nocif, qu'un déséquilibre : le manque de cohérence entre ce que je pense et ce que je vis effectivement. Me pratiquer à être profondément moi-même dans tout ce que je pense, dis et fais, est forcément un bien en lui-même, car il contient la possibilité de changer, si ça ne va plus.

- J'ai travaillé très fort à devenir plus positif dans ma façon de voir les réalités, comme si par là je donnais davantage à la vie sa chance d'opérer. C'est au point où j'ai entrepris de me pratiquer à utiliser des termes positifs, et d'en ressentir la différence : par exemple, si quelqu'un me demande comment ça va, plutôt que de sauter sur la traditionnelle réponse qui me désengage « ça va ne va pas trop mal », de répondre « ça va bien ! » (si c'est le cas à cet instant, bien sûr), et d'habiter de tout mon être ma réponse.

- Devant quelqu'un que je suis porté à juger, je me suis mis à me répéter qu'il poursuit naturellement le bien tel qu'il le connaît, qu'il le pratique au degré auquel il est prêt, mais aussi que ma façon amoureuse de le révéler à lui-même peut faire une grande différence.

- J'ai pris plaisir à prendre position moins en termes de bien et de mal qu'en termes de plus efficace / moins efficace, en fonction d'une valeur, d'un but. Quand je le fais, je me sens tellement moins un petit garçon en culottes courtes devant l'autorité de Dieu ou de je ne sais quelle force extérieure à moi, mais mobilisé de l'intérieur en toute liberté. Du coup, je me responsabilise davantage devant ce qui m'arrive, j'ai moins envie d'en accuser le reste de l'univers.

- J'ai toujours été hanté par cette phrase que j'avais lue un jour : « le mal, c'est d'être séparé ». Je me suis mis à renouveler ma vision du bien et du mal à mesure que je l'ai comprise. (Voilà pourquoi j'ai insisté pour proposer que le site Grandir adopte comme médaillon de navigation le symbole de l'ARBRE ). Si nous savions à quel point nous poussons tous sur la même racine, que nous sommes tous de la famille, quelle économie de souffrances nous nous éviterions comme personnes et comme humanité par toutes nos compétitions et nos guerres !

- Dans le doute devant les décisions à prendre ou devant une appréciation à donner d'une situation, je me suis mis à retenir quelques questions clefs, qu'a si bien formulées Neale Donald Walsch dans ses écrits : « Qu'est-ce qui dirait le mieux qui je suis, qui je choisis d'être ? » Et puis celle-ci, qui probablement englobe toutes les autres : « Que ferait l'amour maintenant ? »


J'ai développé certaines réflexions complémentaires dans la section L'ALLUMEUR DE RÉVERBÈRES, aux Feuillet 14  et Feuillet 28.

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Le site GRANDIR est édité par l'Association GRANDIR, QUÉBEC
http://www.grandir.levinux.org

N'hésitez pas à reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2005-05-14

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