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ATTIRER L'ATTENTION
Vous arrive-t-il quelquefois d'être pris-e d'une forte envie de faire une
blague en plein milieu d'une réunion sérieuse, avec des gens cravatés, ou
de vous comporter dans un groupe d'une façon « pas comme il faudrait »,
partagé-e entre le désir de détendre l'atmosphère, et en même temps une sorte d'alarme
intérieure qui vous dit « Attention, danger !... »
J'ai vécu ça récemment. J'ai lancé ma blague, puis je me suis senti
coupable, immature. J'ai mis du temps à nettoyer ce sentiment.
Je me suis demandé ce qui s'était passé là pour moi. J'ai reconnu une double
attirance : d'un côté l'envie de me rapprocher des gens, comme pour leur
dire : « que
diriez-vous de jouer un peu ?... » J'avais envie de créer une sorte de complicité. D'un autre côté, j'avais le désir subtil
de recevoir leur attention : « prenez soin de moi, s.v.p.... »
Et ça, c'était plus gênant à m'avouer !
Je me suis demandé ce que je referais la prochaine fois, quand une envie
pareille me reprendra. Je pense que je serai plus rapide à me dire ce qui
se passe en moi, et à m'en donner le droit : « mon envie est légitime.
Mais il y a peut-être des manières d'y répondre plus
à-propos que d'autres. Voyons un peu... ».
Si c'est de me rapprocher des gens dont j'éprouve le besoin, je tenterai d'abord d'écouter
vraiment les personnes qui parlent, d'y prendre plaisir. Le regard et les
oreilles avant la voix... Peut-être que ça va me suffire. Si c'est d'être
apprécié dont j'ai envie, j'essaierai de me faire proche de mon enfant
intérieur : d'abord nommer en moi-même, l'espace d'un instant, quelques qualités
que les gens me reconnaissent en général, et entrer en ressenti
heureux là-dessus. Peut-être que ça me suffira là encore, et que je n'aurai
pas besoin de quêter l'affection des gens d'une manière déguisée.
Et puis si le désir était toujours aussi irrésistible ? Je me dis
aujourd'hui qu'alors je me permettrais d'aller jusqu'au bout. Mais en
habitant complètement mon initiative, en la savourant d'avance. Par le
silence de mes yeux rieurs d'abord, je ferai sentir aux gens que, pour un
moment, j'ai choisi
de blaguer et de les entraîner avec moi. Et j'oserai, on verra bien ! Je parie
qu'il n'y aura pas de culpabilité
par après. Je vous le raconterai...

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