Mon trousseau de CLEFS
Pour mieux approcher les défis, les problèmes émotifs... ou les décisions
La chronique de l'Oncle Christophe

 


   MENU   

AIDER  |   DONNER    |    S'AIDER EN AIDANT   |   SERVIR

 

POUR AIDER VRAIMENT

Les gens qui se préoccupent de générosité ou de croissance ont souvent le geste vif pour venir en aide à d'autres. Comme tout est semence-récolte, leur geste de partage finira bien par rejaillir sur eux-mêmes.

Il arrive que des personnes suspectent cette aide, la considèrent comme une fuite de soi-même ou comme un geste missionnaire qui force quelque chose. Cette réaction prudente a souvent de bonnes raisons. Elle a l'intérêt de mettre en évidence certaines conditions au mouvement d'aider. Deux, surtout, me paraissent fondamentales :

- La liberté de chacun est sacrée.  Il faut d'abord que naisse le désir d'être aidé. Comme c'est tentant d'exporter nos solutions ! Si d'autres les adoptent, c'est que nous sommes quelqu'un de bien... J'ai toujours été fasciné de voir comment s'y prenait le Christ, dans les Évangiles, lorsque quelqu'un venait lui demander de l'aide. Avant même de poser un geste guérisseur à son égard, Jésus lui posait généralement une question, où il vérifiait son désir, s'assurait qu'elle soit en mouvement intérieur d'abord.

- Notre témoignage est la forme d'aide la plus sûre.  J'ai personnellement mis un temps infini à croire que si je veux aider à changer le monde, c'est d'abord par le fait de me changer moi-même que j'y contribue le mieux. Croire que c'est là ma première mission de vie. Je capte mieux maintenant certains aspects clef de cette vérité. D'abord, c'est que mon phare ne guidera jamais plus qu'il ne rayonne. Mais aussi, c'est que s'il rayonne, il aidera vraiment, même si je ne suis au contact direct de personne  --  car nous rejoignons les autres sous forme d'ondes bien avant de les avoir rejoints avec le corps ou la parole, j'en deviens plus que jamais convaincu. 

À mesure que je m'ouvre à cette vision des choses, je me sens plus humble, mais aussi plus libre. Ça ne restreint pas mon désir d'aider, mon plaisir d'aider même, mais ça l'allège, ça le rend plus dansant. Dans le domaine de la croissance plus particulièrement, je crois constater que là où je touche les gens, c'est quand je parle au coeur, quand je partage ce qui m'a fait vivre moi, et quand c'est ma joie de vivre qui se met à parler elle-même de la vie. Je ne serais pas étonné que ça soit ce qui laisse les traces les plus persistantes chez l'autre, qui a lui aussi un mouvement inné pour s'épanouir et à qui les forces de la vie parlent en dehors de mon aide. 

Peut-être l'autre arrivera-t-il à désirer connaître mon secret. Il s'apercevra à son tour qu'il n'y a avait pas de secret  --  en fait oui, mais qu'il est là pour lui aussi, devant ses yeux sans qu'il le voie : celui de devenir chaque jour un peu plus amoureux. En fait, de plonger à la rencontre de l'être amoureux qui déjà constitue notre vraie nature, patiemment, jusqu'à le faire aisément avec chaque respiration. Beau programme ! 

Ainsi peut s'opérer cette magie qui a l'air de constituer la vie : plus je me rapproche de moi-même, plus j'aide quelqu'un d'autre à se rapprocher de lui-même. À lui de trouver ses réponses, moi je n'aurai fait qu'éclairer le terrain de jeu, où d'autres possibles se mettent à apparaître plus évidents. 


NE PAS SAVOIR QUOI FAIRE

Un jour, une personne chère à mon coeur est passée par un fort moment de déprime : peine d'amour, suivie d'une maladie et d'un grand épuisement... Pour un temps, tout dans sa vie semblait s'effondrer. 

Ne pouvant être à ses côtés, je lui avais écrit. Cherchant à lui remonter le moral, j'avais cherché dans ma lettre à lui faire apparaître le beau côté de ce qui lui arrivait. Quel choc d'apprendre, longtemps après, qu'elle avait vomi ma lettre, et en même temps notre lien d'affection. Lorsque qu'elle a eu le courage de m'en parler, bien des dégâts avaient été faits.

J'ai cherché à comprendre ce qui s'était passé là, c'était trop important. Ce que j'ai compris, c'est que j'avais cherché à l'aider trop vite. J'avais escamoté un temps de silence ensemble, juste à être avec elle pour lui témoigner que j'étais là, et que j'avais mal qu'elle ait mal. C'est de ça qu'elle avait besoin, rien d'autre.

J'avais perdu de vue qu'une blessure du coeur met du temps à se faire, et donc qu'elle doit mettre du temps à se cicatriser. J'avais voulu me faire proche, mais c'est mon inquiétude qui a été entendue. J'avais échappé que c'est une très bonne chose de ne pas savoir quoi faire dans un moment pareil  --  tout comme dans n'importe quel deuil, d'ailleurs. M'obligeant à avoir des réponses, comme si c'était gênant d'arriver sans cadeau, je devenais celui qui faisait manger de force après un long jeûne. Mon amie ne pouvait que vomir cette nourriture, et notre amitié du même mouvement.

« Apporte-moi du silence pour que je contacte ma douleur et que je m'entende. Garde tes encouragements et tes solutions pour plus tard. Je veux juste sentir que tu es là avec moi... » Merci à cette grande amie de m'avoir fait comprendre comment fonctionne le coeur humain.


S'AIDER EN AIDANT

Nous avons tous connus des personnes, par exemple d'ex-alcooliques, d'ex-prostituées, qui se sont fait une fierté d'en aider d'autres à s'en sortir, ce qui du même coup les a aidés à rester debout elles-mêmes. On trouve nécessaire d'être à la hauteur de celui qui nous a fait confiance, on n'oserait pas le trahir.

J'ai personnellement côtoyé de près des personnes handicapées physiques qui sont devenues des témoins d'une rare valeur auprès d'autres, ce qui les a puissamment aidées à s'accepter comme elles étaient. C'est le cas en particulier de personnes aux prises avec une paralysie cérébrale : leur démarche titubante ou leur difficulté d'élocution les fait si souvent passer pour déficientes mentales. Plusieurs en arrivent à se dire « Ma différence n'est pas seulement un stigmate, elle devient un atout ! J'ai connu ce que c'est que d'être atteint dans ma valeur profonde, je peux comprendre quelqu'un qui vit ça et l'aider... » 

Boris Cyrulnik, auteur du livre Un merveilleux malheur **, a développé le concept de résilience, ce rebondissement qui nous connecte à une force intérieure insoupçonnée et nous fait reprendre pied émotivement. Il dit ceci à propos des enfants qui ont vécu des drames profonds : « Si vraiment nous voulons soutenir ces enfants blessés, il faut les rendre actifs et non pas les gaver. Ce n'est pas en leur donnant plus qu'on pourra les aider mais, bien au contraire, en leur demandant plus qu'on les renforcera. »

Cette vision est longuement commentée dans certains écrits de Neale Donald Walsch, qui propose que la façon royale de répondre à un besoin pour soi, c'est d'aider quelqu'un d'autre à y répondre pour lui. La science moderne vient appuyer cette thèse, en faisant état que notre cerveau primitif interpréterait toute pensée ou action positive envers autrui comme un bienfait appliqué à soi-même.


 

DON
« Ce qui compte, ce n'est pas ce que l'on donne,
mais l'amour avec lequel on donne. »

Mère Teresa


 

CASSER UN CERCLE VICIEUX

« J'ai manqué d'affection dans mon enfance, j'ai été violenté... Laissez-moi être aigri, désabusé de la vie, c'est normal que je regarde le monde avec méfiance. Je ne supporte pas de voir d'autres gens heureux, j'ai besoin de voir quelqu'un d'autre avoir mal lui aussi. Autrement tout me confirme que c'est moi qui suis en problème... Attendez, je vais me faire justice... » Ce « normal » aux yeux d'un être blessé crée un cercle vicieux : il lui sert à justifier tant de nouvelles blessures, de créer de nouveaux conflits et d'en être blessé encore une fois.

C'est ce cercle vicieux du « je n'ai pas été aimé, donc c'est foutu... » qu'il faut casser, pour réactiver en soi le germe de l'amour. Car c'est lui qui va nous faire regarder différemment la vie, les gens, et de là reprendre espoir. Et c'est cet espoir qui va nous permettre de ramasser une énergie suffisante à remettre notre bateau à l'eau.

Chose possible ? Oui, pour deux raisons:
 
- Une raison de fond : parce que nous sommes naturellement amoureux et que c'est toujours possible de le restaurer, si nous nous le rappelons, ou si quelqu'un croit assez en nous pour nous le faire contacter.

- Une raison technique, ensuite: parce que de se mettre à donner à quelqu'un d'autre, à faire quelque chose pour quelqu'un d'autre, a le pouvoir de refaire couler notre rivière, de faire que nous allons à nouveau attirer l'amour vers nous.



Eileen Caddy a mis en lumière cette clef de donner pour sortir de nos problèmes :

« (...)  car c'est en pensant aux autres et en vivant pour eux qu'on trouve une joie et un contentement intérieur profonds. Personne ne peut vivre sur lui-même et être heureux. Lorsqu'à n'importe quel moment de la vie, tu te trouves avec un sentiment de mécontentement et d'insatisfaction, tu peux être sûr que c'est parce que tu as cessé de penser aux autres et que tu t'es trop replié sur toi-même. La façon de changer est de commencer à penser à quelqu'un d'autre et à faire quelque chose pour cette personne de manière à t'oublier complètement. »

La petite voix, 9 septembre

 

LIBREMENT

J'aime beaucoup cet autre passage d'Eileen Caddy : « N'aie jamais l'impression à aucun moment que tu n'as rien à donner. Tu as énormément à donner, et tu verras que moins tu y penses mieux cela marchera. (...) Ne donne jamais d'une main en retirant de l'autre ! Lorsque tu donnes quelque chose, quoi que ce soit, donne-le gratuitement, afin que l'on puisse l'utiliser complètement, librement. Lorsque tu donnes, que ce soit donné avec abondance, librement et de tout coeur, et puis oublie-le. (...) Sois toujours généreux lorsque tu donnes, et ne crains jamais de souffrir du manque, car si c'est le cas, tu ne donnes pas vraiment. En donnant vraiment tu ne manqueras de rien. » 
 
La petite voix, 25 août

 

À SOI OU AUX AUTRES ?...

Une vision de séparation

Prêter ses outils ? Consacrer en peu plus de temps à telle personne ? S'impliquer dans tel projet humanitaire ?... « Mais je manque déjà tellement de temps, d'argent moi-même !... » Le défi nous est reposé sans cesse. Par moments nous en sortons avec fierté; à d'autres moments avec un sentiment de culpabilité mêlé de stress, pour n'avoir pas su comment réagir à la situation qui nous sollicitait ou nous être protégé frileusement. 

Il faut dire que notre culture occidentale nous a appris à nous voir séparés les uns des autres, chacun à la conquête de son bonheur. Coopérer  ? Oui, pourvu que ce soit donnant-donnant. Si nous nous vivons comme séparés, serait-ce lié à notre vision de Dieu que nous considérons comme un être extérieur à nous dans son grand ciel, prêt soit à nous juger, soit à nous prendre en pitié ? Certains le croient. Dans une vision de séparation, l'expérience de donner est alors vécue comme un tiraillement.  Donner à l'un veut forcément dire l'enlever à un autre, d'où l'entrée en compétition - et cet autre, c'est trop souvent moi ! Il faut choisir : être bon pour soi ou l'être pour les autres.


Membre d'un grand Tout

Ce n'était pas l'héritage de la culture amérindienne, qui apprenait à se considérer un enfant de la Terre, immergé dans le divin. J'ai cherché à prendre du recul sur la vision de mon enfance. Pareille vision laisse croire que la dualité (avantager soi ou les autres) ne serait peut-être qu'apparente. Et s'il existait un niveau où donner à un autre et se donner à soi veulent dire la même chose ?... En jargon savant, on parle de passer de notre petit soi à la prise en compte du Grand soi

À mes yeux, mes pas dans cette direction sont une des plus belles victoires de ma croissance. Je suis périodiquement émerveillé de voir comment la Vie se charge de combler mes besoins, mieux que je l'aurais planifié. Bien sûr, marcher ainsi n'est pas rendu pour moi au niveau du réflexe encore : quand l'insécurité prend le dessus, j'ai vite fait de revenir aux solutions individualistes ! Mais je constate que le fait d'en être conscient me fait faire, par moments, des choix différents, et interpréter des situations d'une autre manière. 

J'ai besoin de me donner des moyens, des rappels, pour aller de l'avant. Je me suis donné l'image d'une croisière en bateau, à mettre à l'horizon de mes décisions. J'entends résonner le « tous pour un, un pour tous » des Mousquetaires. Puisqu'aucun membre de l'équipage n'arrivera avant l'autre ou après, que tous les gestes amèneront le bateau à bon port ou le feront couler, autant être solidaire ! 

Je ne veux pas me reprocher ma tendance évidente à me crisper lorsque j'ai peur de manquer. Mon être profond sait peut-être que je suis en parfaite sécurité, à l'échelle de la vie, mais dans mon petit quotidien je n'en vois pas toujours l'évidence. J'ai décidé de parier que cette sécurité de fond existe pour vrai, que la Vie saura bien me rattraper. Parce que c'est seulement à me sentir en sécurité que j'arrive à lâcher prise sur mon temps ou mon argent, ou encore sur les comparaisons et les jugements.  

Un autre moyen que je me donne, c'est de me pratiquer au jour le jour à utiliser les mêmes critères pour les autres que pour moi. Les justifications montent vite ! J'essaie de ne pas tricher. Lorsque j'y arrive, j'observe qu'une détente me gagne. J'ai moins besoin de sauver ma peau, mon choix tantôt d'avantager l'autre et tantôt moi-même devient plus fonction du contexte, et je regarde moins en arrière après coup.


Pour aller plus loin

Plusieurs auteurs ont développé de façon splendide ce thème de notre unité avec la vie  -  je pense notamment à Ken Keyes ** et à Neale Donald Walsch **.  J'ai aussi relu avec intérêt les passages de l'Évangile sur le thème de l'unité : jamais son importance ne m'y était apparue si déterminante pour donner tout son sens à l'amour.

 


Voir :

- le thème PROBLÈMES EMOTIFS
- au panorama L'HEURE DE LA RE-CRÉATION, la solution au Mot mystère, qui commente cette hypothèse passionnante de s'aider en aidant;
- les pages Qu'est devenu votre rêve ? et Ouvrir des fait-naître.

 

  Retour au    MENU     de Mon trousseau de CLEFS

 

Le site GRANDIR est édité par l'Association GRANDIR, QUÉBEC
www.grandir.levinux.org

N'hésitez pas à reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2009-06-27

Accueil   |   Haut   |   Navigation   |   Nous contacter   |   Plan du site
  
Qui nous sommes   |   Quoi neuf