Mon trousseau de CLEFS
Pour mieux approcher les défis, les problèmes émotifs... ou les décisions
La chronique de l'Oncle Christophe

 


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Je suis de la génération des gens qui ont appris à fabriquer leur bonheur à coup de volonté, de dépassement. Se laisser vivre avait quelque chose de suspect, de hippie sur les bords.

Cette façon d'être a eu du bon : elle m'a permis de développer ma volonté, aussi un certain sentiment de force intérieure. Par contre, elle m'a souvent laissé épuisé. Et je suis certain que je suis souvent passé à côté d'intuitions plus profondes, car je ne les laissais pas toujours monter. Devant l'inconnu, comme au moment d'une décision à prendre, je me donnais mal le droit de ne pas savoir, je prenais mes décisions en homme, avec la tête. Ceci m'a certainement fait prendre des chemins de rallonge, des chemins plus travaillés, plus compliqués, qui perdaient cette espèce de danse qu'est la vie quand elle coule tout naturellement. Manifester une force de caractère, c'est une chose; forcer les événements, c'en est une autre.

J'ai appris du yoga un principe d'action que j'ai mis du temps à saisir, puis j'ai fini par trouver plein de sagesse :

Accepter. S'adapter. Laisser aller.

Accepter : Reconnaître la réalité. Prendre contact avec elle, avec ses saveurs et ses aigreurs, avec l'émotion qu'elle provoque en soi.
S'adapter : En tirer les conséquences, se repositionner. Changer ce qu'on peut changer, en commençant par soi-même avant de le demander aux autres.
Laisser aller : Laisser la Vie se charger de la suite. La semence est notre affaire, la récolte est l'affaire de la Vie.

Avec le temps, j'arrive à comprendre que le bonheur est sans doute moins à faire qu'à laisser-se-faire. Ouvrir portes et fenêtres pour que la lumière entre. Avoir la patience d'attendre que certaines réponses deviennent évidentes, au lieu de tourner en rond dans ma tête ou de forcer les choses pour qu'elles se produisent comme je l'ai pensé.

De plus en plus, je me dis que si je m'exerce à flairer quand ça tire et quand ça pousse au dedans de moi, les réponses qui vont monter ont plus de chance d'être connectées à une sorte d'harmonie qui me dépasse... La Vie sait pourquoi elle me fait vivre telle ou telle situation. Et si tout le jeu consistait à devenir un peu plus complice avec elle à chaque jour qui passe, en aiguisant ma sensibilité pour mieux capter les intuitions qui montent ?

Je repense à ce proverbe africain « Celui qui rame dans le même sens que le courant fait rire les crocodiles ». Je l'ai souvent pris comme un encouragement à sortir du troupeau, à exprimer notre originalité. Aujourd'hui, j'y découvre un autre sens : à quoi bon ramer jusqu'à s'épuiser s'il existe un courant pour nous porter plus loin ?...

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